COMMUNIQUE DE PRESSE – Paris, le 26 août 2011

Taxation des boissons sucrées : La filière française betterave – canne – sucre dénonce une mesure non justifiée sur le plan scientifique et médical

 
La filière sucre française regrette que l’annonce gouvernementale de taxation des boissons sucrées, dans le cadre du plan d’austérité annoncé par François Fillon, soit présentée comme une mesure de santé publique, dont l’enjeu serait la prévention de l’obésité. Les récentes analyses d’experts concluent à l’absence d’impact de ce type de mesures fiscales sur les comportements alimentaires et donc à l’absence d’éventuels effets positifs à terme sur le contrôle du poids. Enfin, pour le consommateur, cette mesure est un signal négatif et perturbant vis-à-vis d’un ingrédient tel que le sucre, issu de la nature, connu séculairement, et partie intégrante de notre modèle alimentaire français.
 
Depuis quelques années, le principe d’une fiscalité appliquée à l’alimentation en vue d’orienter plus favorablement les comportements alimentaires est une question récurrente face à la problématique complexe des liens entre l’alimentation et la santé et plus particulièrement de la prévention de l’obésité.
 
En 2008, les auteurs du rapport de l’IGAS et de l’IGF sur la faisabilité d’une fiscalité comportementale appliquée à l’alimentation doutaient de sa pertinence : (extrait) « On ne peut exclure que la mesure ait une faible efficacité en termes nutritionnels et des effets sociaux dommageables».
 
Une vaste expertise scientifique sur les comportements alimentaires menée par l’INRA en 2010 à la demande du Ministère de l’Agriculture indique dans ses conclusions sur la taxe nutritionnelle : « La capacité des politiques fiscales à modifier les comportements individuels n’est pas démontrée » et rappelle plus spécifiquement que les boissons sucrées ont fait l’objet de politiques de taxations aux Etats-Unis sans aucun effet significatif sur les variations de poids des adolescents.
 
La taxation appliquée aux seuls sucres ajoutés dans les boissons est discriminatoire et ne repose sur aucune réalité nutritionnelle ; les calories apportées par les sucres dits « ajoutés » et les sucres « naturellement présents » sont les mêmes. A l’évidence, les comportements de consommation plus que les calories sucrées en elles-mêmes sont impliqués dans la prise de poids.
 
Les consommateurs sont déjà nombreux à réagir négativement face à cette annonce d’une nouvelle taxation et beaucoup s’inquiètent de voir, par cette mesure, que la consommation d’un nectar de fruits ou d’une limonade serait désormais assimilée à un acte « dangereux pour la santé ».
 
 
Plus largement, les experts en nutrition doutent fort de l’impact d’une telle mesure sur la prévalence du surpoids et de l’obésité. Un excès durable de consommation de produits sucrés est sûrement peu favorable à l’équilibre alimentaire mais il n’est pas juste au plan scientifique de considérer le sucre comme un facteur causal de la prise de poids. Les experts aujourd’hui sont beaucoup plus nuancés sur cette question et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tout comme l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) ont conclu que la consommation de sucres en soi n’est pas liée à l’obésité.
 
La filière betterave – canne – sucre dénonce ainsi la mesure de taxation des boissons sucrées qui, si elle est maintenue, demeurerait sans aucun fondement scientifique et médical. De plus, il s’agirait d’un signal particulièrement négatif adressé aux entreprises de l’agro-alimentaire concernées ainsi qu’aux consommateurs, qui considèrent à juste titre le sucre comme un produit issu de la nature, emblématique des plaisirs de la table et partie intégrante du modèle alimentaire français.
        
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