L’hypothèse d’addiction au sucre est principalement basée sur des études chez les rongeurs mais leur retranscription chez l’humain reste controversée. Les auteurs de cette étude transversale ont étudié chez 1 495 jeunes adultes la prévalence de symptômes d’addiction à certaines catégories d’aliments palatables et caloriques :

– les aliments salés à faible teneur en graisses (ex : biscuits apéritif, légumes…),

– les aliments sucrés à faible teneur en graisses (ex : bonbons, sodas…),

– les aliments gras sucrés (ex : gâteaux, pâtisseries, chocolat…),

– les aliments gras salés (ex : chips, viande, fromage…).

Le diagnostic d’addiction alimentaire, a été établi lorsqu’au moins trois symptômes de l’échelle YFAS étaient présents. L’association de ces symptômes avec la prise de poids (mesurée par l’indice de masse corporelle, IMC) et le niveau de dépression (mesuré par un questionnaire validé) a également été évaluée. Quatre-vingt-quinze pour cent de l’échantillon total ont déclaré avoir eu au moins un des symptômes de dépendance alimentaire, dont 12% correspondant à un diagnostic d’addiction alimentaire selon la classification YFAS. Le symptôme d’addiction alimentaire le plus couramment reporté a été le « désir persistant ou des tentatives répétées infructueuses d’arrêter la consommation » (> 93%). La majorité des sujets a reporté ce symptôme avec les aliments gras salés (29,5%) et gras sucrés (25%), tandis qu’une minorité l’a reporté avec les aliments pauvres en graisses qu’ils soient sucrés (5%) ou salés (1,8%). Seuls chez les sujets qui ont rapporté des symptômes avec les aliments gras, une corrélation positive significative des symptômes avec l’IMC a été observée. Chez les sujets rapportant des compulsions avec les aliments gras-salés, l’IMC a été le plus élevé (23 ± 3) et a diminué pour ceux qui avaient des compulsions pour les aliments gras avec ou sans sucre (22.4 ± 3), les aliments sucrés (22.2 ± 3) et les aliments pauvres en gras (21.3 ± 4). Les scores de dépression ont prédit significativement l’augmentation des symptômes chez les sujets rapportant des compulsions pour les aliments gras seulement.

Finalement, au vu de cet étude, les aliments sucrés ne semblent contribuer que faiblement à la dépendance aux aliments et à l’augmentation du risque de gain de poids. 

Eating dependence and weight gain; non human evidence for a ‘sugar-addiction’ model of overweight. Markus CR, Rogers PJ1, Brouris F, Schepers R. Appetite. 2017 Mar 19; 114:64-72.
Appet. 2017.03.024.[ Epub 2017 Mar 19] N68012

Auteur : Markus CR

Documents supports :
Brève Nutrition n°68 - Juin 2017 - N68012