A l’instar de chercheurs nord-américains en 2006[1], une équipe québécoise a proposé de revisiter un grand nombre de déterminants du surpoids et de l’obésité chez les adultes, en cherchant quelle est la contribution indépendante de chacun. L’originalité de l’approche est aussi d’inclure des facteurs qui n’ont pas d’effet mesurable direct sur l’énergie, mais qui peuvent jouer à terme sur la prise de poids.
 
Bâtie à partir de la Quebec Family Study, un autre intérêt de l’étude est de croiser une analyse transversale (537 adultes de 18 à 64 ans interrogés ponctuellement) avec une analyse longitudinale (283 adultes suivis sur 6 ans).
 
L’idée est d’examiner aussi bien des facteurs de risque nutritionnels (faible apport en calcium ou en vitamines, forte consommation d’alcool et de matières grasses) que d’autres facteurs non nutritionnels, (sédentarité, faible durée du sommeil, désinhibition du comportement alimentaire, restriction cognitive). Dans l’étude transversale, ces facteurs ont tous été associés significativement à l’obésité chez les adultes mais leur contribution relative n’a pas été évaluée.
 
Après analyses de régression et ajustement statistique sur l’âge et le statut socio-économique, les auteurs observent que les adultes qui dorment moins que les autres (< 6h/j), qui consomment peu de calcium (<600 mg/j) et présentent une importante déshinibition vis-à-vis de l’alimentation ont un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé, et cela dans les 2 sexes.
 
L’analyse sur une période de 6 ans confirme que les petits dormeurs (<6h/j) ont pris en moyenne 1,65 kg de plus que les dormeurs déclarant plus de 7h/j de sommeil ; de plus, les sujets présentant une faible consommation de calcium, une plus grande restriction cognitive et une importante déshinibition vis-à-vis de l’alimentation ont une plus grande propension à prendre du poids sur la période observée.
 
Sans négliger les facteurs de risque majeurs, apports caloriques en excès et activité physique réduite, les auteurs réaffirment l’importance de certains facteurs moins évidents et peu examinés jusqu’à présent. Leur étude montre en effet que les quatre facteurs qui ont le meilleur potentiel prédictif des variations de poids chez l’adulte ne sont pas liés directement à une notion de calories.
 
Chaput JP, Leblanc C, Pérusse L, Després JP, Bouchard C, Tremblay A., 2009. Obesity, Risk factors for adult overweight and obesity in the Quebec Family Study : have we been barking up the wrong tree? 17, 10, 1964-1970.

Université Laval, Québec, Canada

Obesity (Silver Spring). 2009 Oct;17(10):1964-70
 


[1] Keith et al., 2006. International Journal of Obesity, Putative contributors to the secular increase in obesity: exploring the roads less travelled, 30, 1585–1594.


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