L’objectif de cette étude a été d’examiner l’association entre différentes sources de sucres alimentaires [boissons ou aliments ; extrinsèques (sucres libres ou intrinsèques (non-libres)] et les marqueurs métaboliques et inflammatoires. Les auteurs ont mené une étude épidémiologique transversale sur des adultes vivant dans l’est de l’Angleterre (n=9578). Le risque métabolique a été évalué par les auteurs selon la définition de l’OMS, en intégrant le tour de taille, la pression sanguine, la glycémie, l’insulinémie, le HDL cholestérol sanguin, la triglycéridémie. Il a été exprimé sous forme de z-score pour tenir compte de la variabilité au sein de la population. La consommation alimentaire de sucres totaux a été estimée à l’aide de questionnaires de fréquence alimentaire à 23,6 % de l’apport énergétique total (AET). Les sucres provenant d’aliments solides représentaient 85 % de l’apport total en sucres et les sucres apportés par les liquides 12 %, les 3 % restants correspondent aux sucres des produits laitiers.  Les sucres libres et non-libres représentaient chacun la moitié de la consommation de sucres totaux.

Les résultats ont montré que des apports plus élevés en sucres apportés par les boissons (jus de fruits et autres boissons sucrées non alcooliques) sont associés aux marqueurs glycémiques et inflammatoires. Il en est de même pour les sucres ajoutés au thé, café et dans les céréales. Au contraire, les sucres provenant des aliments solides, qu’ils soient libres ou non, ne sont pas associés ou inversement associés à ces différents facteurs. De même, les sucres des aliments les plus contributeurs (fruits, légumes, produits laitiers, plats aux œufs, gâteaux, biscuits, confiserie et des boissons à base de jus et de nectars) ne sont associés à aucun des marqueurs. Si l’on s’intéresse aux sucres libres, une association positive avec les marqueurs a été trouvée, expliquée largement par la forte contribution des boissons aux apports en sucres libres.

Par conséquent dans cette étude de cohorte impliquant une large population, des apports plus élevés de sucres libres, provenant en majorité des boissons, étaient associés à la glycémie et aux marqueurs inflammatoires tandis que les sucres provenant des aliments, qu’ils soient libres ou non, ne l’étaient pas. Cela soulève la possibilité que le risque métabolique associé à la consommation de sucres, indépendamment de l’apport calorique pourrait être attribuable à l’apport de sucres des boissons. Il n’y a pas de mécanisme connu pour expliquer que les sucres des boissons puissent impacter négativement les marqueurs métaboliques et inflammatoires. Les sucres des boissons et ceux des aliments étant de même nature chimique, la différence de comportement pourrait s’expliquer par l’apport par les boissons d’une relativement grande quantité de sucres rapidement absorbables dans une période de temps courte ou par la co-assimilation des sucres des aliments avec d’autres nutriments comme les fibres.

Intakes and sources of dietary sugars and their association with metabolic and inflammatory markers O’Connor L, Imamura F, Brage S, Griffin SJ, Wareham NJ, Forouhi NG. Clin Nutr. 2017 Jun 17. pii: S0261-5614(17)30210-8.

Auteur : O'Connor L

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Brèves Nutrition n°69 - Septembre 2017 - N69009