Une étude parue dans l’European Journal of Nutrition montre une association entre une consommation élevée en sucres libres issus de boissons et des risques majorés d’obésité et de pression artérielle.

 

À la suite de la mise à jour des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la consommation de sucres libres, des chercheurs de l’université de Sydney (Australie) ont examiné les associations entre la consommation de sucres libres de toutes provenances, d’une part, et les mesures de pression artérielle et d’obésité, d’autre part, au sein d’un échantillon représentatif d’adultes australiens.

Les données provenant de 5 136 participants ont ainsi été collectées : apports alimentaires sur 24 heures obtenus sur deux enquêtes, pression artérielle (PA), tour de taille (TT), rapport poids-taille (RPT) et indice de masse corporelle (IMC) mesurés selon un protocole standardisé.

Des associations positives pour les sucres libres issus de boissons

Les résultats des analyses témoignent que les apports énergétiques en sucres libres issus de boissons et d’aliments sont tous deux associés linéairement à l’IMC, le TT, et le RPT, mais dans des directions opposées : l’apport énergétique en sucres libres provenant d’aliments solides est significativement associé à des diminutions de l’ensemble de ces paramètres, contrairement à celui engendré par les boissons.

Les chercheurs ont également noté que la hausse de l’apport énergétique issu de boissons sucrées induisait une hausse de probabilité d’avoir un TT ou un RPT indésirable. Pour une augmentation de 5 % de cet apport, la hausse de probabilité était de 1,19 pour le TT et de 1,23 pour RPT (p˂0,001).

Les auteurs ont observé une faible relation linéaire négative entre les apports glucidiques et la PA systolique : le risque d’avoir une PA élevée était accru de 10 à 25 % lorsque l’apport énergétique total en sucres ou lié aux aliments sucrés augmentaient de 5 %.

Des résultats à considérer avec prudence

En conclusion, les auteurs rappellent qu’il s’agit de la première étude basée sur un échantillon représentatif du pays, mais soulignent que, bien que basée sur des mesures précises, sa nature transversale ne permet pas de dresser des liens de causalité à partir de ses résultats. Et d’ajouter de possibles biais en lien avec les déclarations lors des enquêtes alimentaires, ainsi qu’une absence de biomarqueur indiquant la provenance des sucres libres, les sucres naturellement présents et ajoutés étant chimiquement identiques et donc indiscernables.

 

À retenir :

  • Cette étude examine la relation entre l’apport en sucres libres provenant d’aliments solides et de boissons, et des mesures de pression artérielle et du niveau d’obésité dans un échantillon représentatif de la population australienne.
  • Une consommation élevée de sucres libres provenant de boissons, et non d’aliments solides, peut être associée à une surcharge pondérale et à un risque cardiométabolique accru.
  • Cette étude transversale ne permet toutefois pas de conclure à un lien de causalité.
  • D’autres études seront nécessaires pour identifier les mécanismes à l’origine de ces différences d’effets associés aux sucres libres selon leur provenance alimentaire.

 

Source : Association of free sugar intake with blood pressure and obesity measures in Australian adults. European Journal of Nutrition. Publié en ligne le 2 mars 2019.

Auteur : Rabia Ahmad