Faisant l’objet de recommandations strictes de modération de consommation, les sucres libres se révèlent-ils pour autant associés à l’indice de masse corporelle (IMC) chez l’enfant ? Pas nécessairement, conclut une étude fondée sur une nouvelle analyse de l’enquête nationale des consommations alimentaires australiennes. A partir des données issues de 1 945 enfants et adolescents de 2 à 16 ans, les auteurs ont d’abord étudié l’association directe entre la consommation de sucres libres (i.e. sucres ajoutés, produits sucrants – comme le miel ou les mélasses – et sucres provenant des jus de fruits) exprimés en pourcentage de l’apport énergétique, et le z-score de l’IMC des sujets (utilisé chez les enfants pour tenir compte de leur écart à la moyenne). Puis, ils ont recherché une éventuelle association indirecte entre sucres libres et z-score de l’IMC via un apport énergétique augmenté.

Pas d’association entre consommation de sucres libres et indice de masse corporelle

Résultats ? Aucune association significative, directe ou indirecte, n’a été mise en évidence. De plus, les analyses secondaires, selon le sexe des sujets ou l’origine solide/liquide des sucres libres, ne changeaient en rien ces conclusions. Les auteurs notent que leur étude n’est pas la première à ne pas observer de relation entre sucres libres et risque de surpoids. Par exemple, il a été montré dans une étude que si la surconsommation de sucres peut contribuer à des excès d’apports énergétiques, son remplacement isocalorique par d’autres nutriments n’impacte pas les mesures d’obésité.

 

Sans remettre en cause les recommandations de santé, les auteurs souhaitent ainsi souligner la complexité des facteurs à l’origine de l’obésité infantile. Ils précisent par ailleurs que les résultats ne doivent pas être mal interprétés et n’encouragent pas la consommation de sucres libres.

A retenir :

  • Aucune association n’est observée chez des enfants australiens entre leur niveau d’apports en sucres libres et le z-score de leur IMC (indicateur de surpoids).
  • Alors que d’autres études corroborent ce résultat à contre-courant des recommandations nutritionnelles, les auteurs soulignent la complexité des facteurs à l’origine de l’obésité infantile.

Source : The direct and indirect associations of usual free sugar intake on BMI z-scores of Australian children and adolescents. Tommy Hon Ting Wong & Jimmy Chun Yu Louie. European Journal of Clinical Nutrition (2018) doi:10.1038/s41430-018-0124-z.

Auteur : Tommy Hon Ting Wong & Jimmy Chun Yu Louie

Documents supports :
Brèves Nutrition n°72 - Mai 2018