Les sucres contenant du fructose sont la cible de mesures de santé publique pour leur rôle potentiel dans l’épidémie actuelle de surpoids et d’obésité. Cette position est largement étayée par des études d’observations écologiques, par des modèles de surconsommation alimentaire chez le rongeur et des études chez l’homme. L’objectif de cet article était de fournir une revue des études à très haut niveau de preuve scientifique, incluant notamment les revues systématiques et les méta-analyses d’études contrôlées randomisées et d’études de cohorte prospective, afin d’apporter un éclairage complémentaire à cette position.

Les études de substitution, dans lesquelles les sucres contenant du fructose (SCF) sont comparés à d’autres nutriments (amidon ou autres sucres) en conditions isocaloriques indiquent que les SCF n’ont pas de conséquences différentes des autres sources en terme de gain de poids.

Pour les études dites d’addition, pour lesquels les SCF sont ajoutés à l’alimentation engendrant ainsi un apport excessif d’énergie, les résultats montrent effectivement un gain de poids mais qui ne peut être attribué aux SCF spécifiquement. Les études dites de soustraction pour lesquelles les boissons sucrées notamment sont remplacées par de l’eau ou des boissons sucrées non caloriques, n’ont pas été associées à des baisses de poids significatives. Enfin, les études de cohorte prospective qui ont comparé les consommations de boissons sucrées les plus élevées aux plus faibles ont effectivement montré qu’il existait une association entre cette consommation et le risque de surpoids et d’obésité. Cependant, ces associations ont été identifiées sur des données dont les ajustements sur l’apport énergétique n’a été réalisé que pour les excès caloriques apportés par d’autres aliments, pouvant être consommés avec ou indépendamment des boissons sucrées, mais pas sur les calories apportées par les boissons elles-mêmes.

Des analyses comparatives montrent que les apports élevés d’autres aliments hautement palatables comme les céréales raffinées, les viandes transformées, les viandes rouges, les frites ainsi qu’un niveau insuffisant d’activité physique peuvent jouer un rôle équivalent ou même supérieur dans la prise de poids ou le risque de surpoids et d’obésité. La contribution de ces facteurs est difficile à isoler de celle des boissons sucrées car l’ensemble s’inscrit dans le style de vie occidental.

Ainsi les auteurs concluent qu’il est important de considérer la surconsommation alimentaire pour tous les types de produits et pas seulement celle liée aux boissons sucrées.

Sugars and obesity: Is it the sugars or the calories?

Choo VL, Ha V, Sievenpiper JL.

Nutrition Bulletin. 2015 May; 40: 88–96.

Auteur : CHOO VL

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Brèves Nutrition N° 61 - Septembre 2015 - N61013