Une relation d’équilibre réciproque a été décrite, entre les apports en glucides et les apports en lipides, notamment lorsque ceux-ci sont exprimés en pourcentage des apports caloriques journaliers. Cet effet « de balancier » expliquerait que la réduction concomitante des deux macronutriments apparaisse difficile à atteindre, pour celui qui souhaite maîtriser son poids, en se conformant aux différentes recommandations nutritionnelles.

Cette revue systématique et rigoureuse de 53 articles scientifiques (études d’observation et études d’intervention), a cherché à comprendre cette relation en dehors de la relaton mathématique purement liée à l’expression en taux des apports acaloriques, mais aussi à savoir si elle est influencée par des types spécifiques de sucres ou d’acides gras.

Les résultats mis en évidence ont confirmé l’existence d’une forte corrélation négative entre glucides et lipides (exprimés en pourcentage des apports énergétiques journaliers). L’analyse par type de nutriments a identifié un lien inverse entre le taux d’apports en lipides et celui des glucides totaux, et une corrélation, toujours inverse mais de moindre consistance, entre les lipides et les pourcentages d’apports en sucres extrinsèques (sucres ajoutés et présents dans les jus de fruits). Enfin, des relations d’équilibre réciproque ont été trouvées lors de l’étude, pour des valeurs relatives exprimées en taux des apports caloriques quotidiens, des couples sucres-graisses saturées, sucres-protéines, sucres-alcool et sucres–amidons.

L’explication avancée par les auteurs repose sur la composition des aliments. En effet, les sources principales de sucres comme les fruits, les jus de fruits ou les céréales de petit-déjeuner sont par ailleurs très souvent pauvres en graisses et les aliments les plus riches en lipides sont, en règle générale, dépourvus de glucides. De leurs résultats, les auteurs préconisent en pratique que les recommandations nutritionnelles s’attachent avant tout à promouvoir une alimentation équilibrée, avec des priorités, plutôt que diaboliser tel ou tel nutriment, au risque de déséquilibrer toute l’alimentation.

Sugar-fat seesaw: a systematic review of the evidence

Sadler MJ, McNulty H, Gibson S.

Critical Reviews in Food Science and Nutrition, sept 2013


Auteur : SADLER MJ

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 54 - Décembre 2013 - N54001 (Réf 4505)