Deux entreprises importantes ont marqué l’économie et le passé industriel du village de Santes. Nous avions déjà évoqué Wallaert Frères (notre édition du 9 août). Aujourd’hui, tournons-nous vers la sucrerie de la famille Bernard dont les châteaux font maintenant le bonheur des administrés.

 Grâce à Dominique Facon, des Amis du patrimoine santois, nous avons pu retracer l’histoire de la sucrerie Béghin sur laquelle l’historien a également écrit un livre.

Grâce à Dominique Facon, des Amis du patrimoine santois, nous avons pu retracer l’histoire de la sucrerie Béghin sur laquelle l’historien a également écrit un livre.

La sucrerie Bernard fut d’abord une raffinerie basée à Lille depuis le XVIIe siècle, qui produisait du sucre de canne sur la Grand-Place. Elle finit rue de Courtrai. Au XIXe siècle, on tira du sucre à partir des betteraves, mais cela posait des problèmes de place et de pollution. C’est alors que les Bernard (ils étaient trois associés : Albert, Charles, et Dominique) choisirent de s’installer à Santes alors qu’il n’y avait pas encore de chemin de fer. Mais il y avait l’eau, et les entrepreneurs avaient même conçu leur propre canal (le courant Bernard) qui venait de la Deûle, depuis le lieu-dit L’Allumette. C’est par ce courant relié à la Deûle qu’étaient acheminées les betteraves dans des barques à fond plat. Dans plusieurs de ses tableaux, le peintre santois Émile Ancelet l’a d’ailleurs immortalisé. Aujourd’hui, il se jette dans la Tortue.

En 1866-1867, avec la voie ferrée de Lille-La Bassée-Béthune, les betteraves arrivaient aussi par train, quand ce n’était pas par charrettes.


L’avant et l’après-guerre

Face aux bâtiments de la sucrerie, là où se trouve la résidence Maugré, avaient été conçus sept caniveaux pour y entreposer les betteraves et les nettoyer. Avec la propulsion de l’eau, celles-ci passaient sous la route pour arriver directement dans l’usine.

Avant la guerre 14, l’usine des Bernard, qui faisait vivre tout un quartier de Santes, employait près de 120 personnes à la sucrerie et à la raffinerie, et plus encore lors des campagnes sucrières, à partir de septembre jusqu’en décembre-janvier.

Après la Première Guerre mondiale, il n’y eut que la sucrerie qui fut reconstruite par Albert Bernard. Elle n’employa plus qu’une trentaine de personnes à l’année, leur travail consistant à extraire le sucre, plus la mélasse et la vergeoise.


L’arrière de la sucrerie vue du château en 1919 . À G., un des deux bâtiments construits entre janvier et octobre 1914.

Le sucre était alors revendu à Béghin à Thumeries pour la confection du sucre blanc et des pains de sucre.


Fermeture en 1962

Albert Bernard, qui avait été une figure emblématique de la reconstruction de la sucrerie après la Première Guerre, avait dû se résigner à une plus petite structure avec les moyens qui lui restaient. Il n’a pas beaucoup investi dans cette usine pour la moderniser, ce qui explique son déclin.

Quand son fils Alex reprit les affaires, il était déjà trop tard pour rattraper le retard. La sucrerie revendit ses quotas à Béghin et ferma en 1962.