Cet article propose de dépasser le paradigme du simple excès calorique et des facteurs de risque directement liés à la balance énergétique, en questionnant l’influence respective sur le développement de l’obésité de la durée du sommeil, du comportement alimentaire et des apports en micronutriments . Cette étude ancillaire à celle de la « Quebec Family Study » a analysé de manière transversale (n = 537) et longitudinale (n = 283, suivi sur 6 ans) 9 facteurs de risque associés au surpoids et à l’obésité chez des sujets âgés de 18 à 64 ans. La population était répartie en groupe à risque et groupe de référence, définis selon les seuils publiés pour chacun des facteurs de risque. Plusieurs facteurs contribuant de manière indépendante au gain pondéral ont été identifiés : l’analyse transversale a révélé que les individus ayant une durée de sommeil courte (<6 h/j), des apports calciques faibles (<600 mg/j), ou bien une importante désinhibition du comportement alimentaire (score de désinhibition ³6) possédaient un IM≥C significativement plus élevé que ceux de la catégorie de référence (p<0,05).
De même, le suivi longitudinal a confirmé qu’une durée de sommeil courte, une consommation faible de calcium et des scores de désinhibition du comportement alimentaire et de restriction diététique élevés (score de restriction ≥8) augmentaient le risque d’obésité chez ces individus (respectivement de 27 %, 22 %, 20 % et 18 %, p<0,05). En conclusion, cette étude suggère la prise en compte, dans l’obésité, de facteurs d’influence non directement liés aux calories «per se», comme la durée moyenne du sommeil, qui a diminué de plus d’1 heure ces dernières décennies.

Risk factors for adult overweight and obesity in the Quebec family study : have we been barking up the wrong tree ? Chaput J-Ph., Laeblanc C., Perusse L., Despres J-P. et al. Obesity, 2009, 17, 10, 1964-70


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Brèves Nutrition N° 38 - Décembre 2009 - N38009