Plusieurs études ont montré que la restriction calorique à hauteur de 30% à 50% augmentait l’espérance de vie en bonne santé, retardait le vieillissement et l’apparition des maladies liées à l’âge et améliorait le profil métabolique chez de nombreuses espèces. Chez l’homme cependant, la restriction calorique n’est pas envisageable sur le long terme. Les auteurs de cette étude ont souhaité étudier l’effet de la composition du régime et ont ainsi comparé les bénéfices en restriction calorique et en ad libitum de 3 régimes différant par leur ratio protéines/glucides sur les paramètres métaboliques chez la souris.

Trois régimes ont été testés en cross-over durant 8 semaines : un régime pauvre en protéines (5%) et riche en glucides (LPHC) ; un régime médian en protéines (33%) et médian en glucides (MPMC) et un régime riche en protéines (60%) et pauvre en glucides (HPLC). Les régimes étaient isocaloriques avec une proportion de lipides constante. Chacun des régimes était apporté soit en ad libitum soit en restriction calorique équivalente à 40%, sur un total de 6 groupes de souris étudiés. La composition et le poids corporels, l’insulinémie et la glycémie à jeun, la tolérance au glucose et la résistance à l’insuline (index HOMA) ont été déterminés.

Les résultats montrent que les souris sous restriction calorique ont eu un poids corporel plus faible que celles nourries ad libitum, celles nourries avec le régime médian ad libitum ont présenté le poids le plus élevé. Le groupe soumis au régime ad libitum riche en protéines a présenté des niveaux d’insuline et d’index HOMA significativement plus élevés que les autres groupes. Le groupe de souris soumises au régime pauvre en protéines et riche en glucides a par contre montré une amélioration de la résistance à l’insuline, des niveaux de triglycérides et de HDL sanguin par rapport aux groupes soumis aux autres régimes. De plus ces résultats ont été comparables à ceux obtenus avec le même régime en restriction calorique, bien que l’apport calorique ait été supérieur.

Les résultats de cette étude chez la souris suggèrent qu’il est possible d’obtenir les bénéfices métaboliques observés via la restriction calorique en modifiant les proportions de macronutriments, en particulier les protéines et les glucides. De nouvelles études devront évaluer et comparer les effets observés sur le long terme et sur d’autres espèces, et également déterminer l’influence du type de protéines et de glucides testés.

Dietary Protein to Carbohydrate Ratio and Caloric Restriction: Comparing Metabolic Outcomes in Mice.

Solon-Biet SM, Mitchell SJ, Coogan SC, Cogger VC, Gokarn R, McMahon AC, Raubenheimer D, de Cabo R, Simpson SJ, Le Couteur DG.

Cell Reports. 2015 May; ISSN 2211-1247.

Auteur : SOLON-BIET SM

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 61 - Septembre 2015 - N61012