Cette étude, réalisée à partir des données de l’enquête de santé australienne de 2011-2012, a pour objectif d’évaluer l’effet de la consommation de sucres libres (définis par l’OMS comme les sucres ajoutés et les sucres naturellement présents dans les jus de fruits et le miel) sur l’apport en nutriments. Les auteurs ont également cherché à définir le seuil de sucres libres à partir duquel l’apport alimentaire en micronutriments est réduit de façon notable et à examiner l’effet d’une consommation excessive de sucres libres sur la qualité de l’alimentation. Les chercheurs ont testé spécifiquement les hypothèses suivantes : 1) que les seuils des recommandations de l’OMS relatifs aux apports en sucres libres (moins de 10 % de l’apport énergétique total et moins de 5% comme recommandation conditionnelle) ne seraient pas appropriés pour la dilution des apports en micronutriments ; 2) que pour un apport en sucres libres jusqu’à 25 % de l’apport énergétique (recommandation de l’Institut de Médecine IOM), la dilution des micronutriments ne serait pas significative.

Les chercheurs ont estimé la teneur en sucres libres à partir du taux de sucres totaux selon la méthode en 10 étapes publiée en 2016*. En outre, 6 valeurs seuils de sucres libres exprimées en pourcentage d’énergie (% ESL) ont été définies à partir des recommandations de l’OMS et de l’IOM pour examiner l’association entre le % ESL et les apports en micronutriments. Dans la population adulte australienne analysée (n = 6150), près de la moitié (47 %) a consommé plus de sucres libres que la recommandation de l’OMS (10 % ESL), et 1,3 % ont un apport en sucres libres qui excède la limite supérieure recommandée par l’IOM (25 % ESL).

Les chercheurs ont montré :

  • Un pic de consommation de la plupart des micronutriments pour un % ESL de 5 à 15 %.
  • Une réduction significative de l’apport de la plupart des micronutriments pour un % ESL supérieur à 25 %, avec une augmentation du risque de ne pas couvrir les apports recommandés.
  • Une réduction de l’apport de certains micronutriments (fibres, folate, magnésium) pour un % ESL inférieur à 5 %.
  • Qu’une augmentation des apports en sucres libres est associée à une baisse de la consommation des aliments « à la base d’une l’alimentation saine » (fruits, légumes, …) accompagnée d’une hausse de celle des aliments « non nécessaires » (particulièrement des boissons sucrées).

Par conséquent, une consommation élevée de sucres libres, en particulier supérieure à 25 % de l’apport énergétique, s’est révélée avoir un effet diluant significatif sur la plupart des nutriments. Cependant, un apport de sucres libres inférieur à 5 % de l’apport énergétique peut augmenter le risque d’apports insuffisants pour certains micronutriments, lié à un apport énergétique total insuffisant.

*Louie JCY, Lei L, Rangan AM. Reliability of a systematic methodology to estimate added sugars content of foods when applied to a recent Australian food composition database. J Food Comp Anal 2016;46:36– 42.

Intake of free sugars and micronutrient dilution in Australian adults

Mok A, Ahmad R, Rangan, Louie JCY

Am J Clin Nutr. 2018 Jan

Auteur : Mok A

Documents supports :
Brèves Nutrition n°71 - Mars 2018