Des recherches suggèrent qu’une addiction à un large éventail de substances reflète un syndrome de déficience du système de récompense (SDSR).

Les drogues stimulent les mécanismes de la récompense si intensément que, pour compenser, la population de récepteurs à dopamine (DD2R) diminue, avec comme conséquence une consommation plus forte afin de ressentir le même degré de récompense. Sans augmentation de la dose de drogue, des symptômes de sevrage apparaissent. L’association entre l’indice de masse corporelle (IMC) et le polymorphisme du gène DD2R (Taq1A) a été étudiée pour comprendre le rôle des récepteurs dans l’obésité.

L’allèle A1 associé à un nombre de DD2R plus faible de 30 à 40% serait donc un facteur de risque d’addiction aux drogues et si obésité et addiction sont liées, les individus avec l’allèle A1 devraient avoir un IMC plus haut.

Pour vérifier cette hypothèse, les auteurs ont réalisé une revue systématique qui a identifié 33 études chez l’Homme, comparant l’IMC avec les génotypes possibles : génotype A1/A1, A1/A2 et A2/A2.

Chez les enfants et adolescents, les 10 études recensées n’ont montré aucune différence d’IMC quel que soit le génotype. Chez les adultes de poids normal ou en surpoids, une seule étude (sur 17) incluant des fumeurs, population avec une incidence d’allèle A1 probablement plus haute, a trouvé que l’allèle A1 était associé à un IMC plus élevé. Chez les obèses, une seule étude (sur 7) a montré une incidence plus grande de l’allèle A1 chez ceux sans trouble alimentaire par rapport à ceux avec un trouble de compulsion alimentaire. Chez des adultes avec une obésité extrême, les 8 études identifiées ont obtenu des résultats contrastés.

Au final, la méta-analyse de ces données n’a révélé aucune différence d’IMC entre les individus avec ou sans allèle A1. Les données ne permettent pas de soutenir la thèse d’un SDSR entrant en jeu dans l’addiction alimentaire. Plusieurs rapports ont cependant montré que les individus ayant l’allèle A1 étaient moins capables de bénéficier d’intervention destinées à perdre du poids, avec l’hypothèse d’une impulsivité sous-jacente plus forte.

A meta-analysis of the relationship between brain dopamine receptors and obesity: a matter of
changes in behavior rather than food addiction? Benton D, Young HA. Int J Obes (Lond). 2016
Mar;40 Suppl 1:S12-21. Review N68007

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Auteur : Benton D

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Brève Nutrition n°68 - Juin 2017 - N68007