Guilty pleasures. Implicit preferences for high calorie food in restrained eating

Peu de personnes en surpoids sont capables de suivre rigoureusement un régime de restriction calorique pendant de longues périodes ; l’apparition d’épisodes de consommation impulsive au cours du temps est fréquemment rencontrée. Il importe donc de connaître les motivations à l’origine de ces comportements. La restriction calorique semble renforcer le désir de consommer des aliments très caloriques et la recherche du plaisir lié à leur alimentation, mais les études consacrées à ces questions ont jusqu’à présent donné des résultats contradictoires. Une première étude a mesuré chez 59 femmes les affects implicites négatifs et, de façon séparée, les affects implicites positifs associés à des aliments très caloriques ou peu caloriques (ces affects implicites s’opposent aux affects explicites, conscients et raisonnés). L’échelle Restraint Scale a montré que 33 de ces femmes étaient restreintes. Aucune différence n’a été notée entre les femmes suivant (n = 33) ou non un régime : les affects négatifs associés aux aliments très caloriques étaient aussi intenses chez les femmes des deux groupes, qui n’avaient par ailleurs pas d’affects positifs pour ces mêmes aliments. Ces résultats semblant peu compatibles avec le comporte ment impulsif dont finissent par faire preuve les sujets restreints, les auteurs ont réitéré l’expérimentation en n’évaluant, chez 63 autres participants, que les affects associés aux aliments très caloriques (afin de supprimer l’ambiguïté éventuellement créée par la comparaison aux aliments peu caloriques dans la première étude). Si, là encore, aucune différence en termes d’affects négatifs n’a été observée entre les deux groupes, les affects positifs se sont révélés significativement (p = 0,04) plus intenses chez les sujets suivant un régime que chez les autres. Pour les auteurs, la situation correspondant à l’étude n°1 (impliquant un choix entre aliments très ou peu caloriques) est peu fréquente dans nos sociétés caractérisées par une offre abondante de produits à haute teneur énergétique. L’étude n°2 est donc plus proche des conditions réelles ; elle montre que les sujets restreints sont plus attirés par les aliments hautement caloriques que les sujets non restreints. Il existe donc un conflit permanent entre les affects négatifs explicites pour ce type d’aliments, conduisant à la décision raisonnable de suivre un régime, et les affects positifs implicites. Ces derniers prennent le dessus lors des épisodes de consommation impulsive. Pour les auteurs, une présentation adaptée des aliments très caloriques permettrait de renforcer les affects négatifs implicites et de faciliter ainsi l’observance des régimes ; les thérapies comportementales pourraient également se révéler utiles.


Guilty pleasures. Implicit preferences for high calorie food in restrained eating. HOUBEN K., ROEFS A., JANSEN A. Appetite, 2010, 91, 6 :  1584-9

Auteur : Houben K., Roefs A., Jansen A.

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Brèves Nutrition N° 42 - Décembre 2010 - N42003