Parmi les programmes de perte de poids, les régimes pauvres en lipides et pauvres en glucides constituent deux démarches souvent envisagées : l’une se révèle-t-elle plus efficace que l’autre ? Et la réponse dépend-elle des caractéristiques physiologiques ou génétiques des individus ?

 

Un essai randomisé d’un an comparant régime hypoglucidique et hypolipidique

Pour répondre à ses questions, une équipe de l’Université de Stanford a mis en place une étude randomisée contrôlée chez 609 participants – dont 481 ont terminé l’étude, soit 79 % –  en surpoids ou obèses (IMC compris entre 28 et 40 kg/m²), soumis pendant 12 mois, à l’un ou l’autre des régimes suivants : régime sain pauvre en lipides (groupe HLF pour healthy low-fat) ou régime sain pauvre en glucides (groupe HLC pour healthy low-carbohydrate). Pour transformer leur alimentation selon l’objectif visé, les participants assistaient, tout au long de l’année d’étude, à des sessions d’information réalisées par des diététiciennes. Ainsi, les participants du groupe HLF recevaient des conseils pour réduire leur consommation d’aliments fortement lipidiques (matières grasses, viandes riches en graisses, etc.) tandis que les sujets du groupe HLC étaient sensibilisés pour réduire leur consommation d’aliments riches en glucides (céréales, pommes de terre, légumineuses, etc.)*.

 

Des effets similaires en moyenne quel que soit le régime

Bien qu’aucune consigne de restriction calorique n’ait été donnée aux sujets, leur apport énergétique était en moyenne réduit de 500 à 600 kcal pendant l’étude. En outre, la répartition énergétique en macronutriments était conforme aux conseils diététiques reçus puisque les sujets du groupe HLF consommaient moins de lipides (29 % versus 45 %), les sujets du groupe HLC moins de glucides (30 %. versus 48 %), avec des apports protéiques comparables (21 % pour les HLF, 23 % pour les HLC).

Quid de l’effet des régimes après un an ? La perte de poids moyenne n’était pas significativement différente entre les groupes HLF et HLC (respectivement – 5,3 kg et – 6,0 kg en 12 mois).

 

Ni le génotype ni la sécrétion d’insuline

En revanche, les pertes de poids mesurées au niveau individuel se révélaient très variables, allant de -30 kg à +10 kg selon les sujets. Toutefois, ni le génotype des sujets, ni leur niveau de sécrétion d’insuline ne modulaient l’effet du régime sur la perte de poids : ainsi, que les sujets reçoivent ou non un régime concordant avec leur génotype (plus ou moins grande sensibilité aux effets des lipides ou des glucides), la perte de poids ne différait pas. De même quelle que soit leur sécrétion d’insuline. Il faudra donc chercher dans de prochaines études d’autres facteurs expliquant la variabilité des réponses individuelles.

 

* les deux groupes étaient incités à augmenter leur consommation de légumes et à réduire leur consommation d’aliments contenant des sucres ajoutés, des farines raffinées et des acides gras trans.

 

À retenir :

  • Qu’il soit pauvre en lipides ou pauvre en glucides, le régime testé dans cette étude conduit à des pertes de poids moyennes similaires (en moyenne – 5,3 kg et – 6,0 kg) au bout d’un an de suivi.
  • Les pertes de poids individuelles varient quant à elles de – 30 à + 10 kg.
  • Ni le génotype ni le niveau de sécrétion d’insuline des participants n’expliquent cette variabilité.

 

Source : Effect of Low-Fat vs Low-Carbohydrate Diet on 12-Month Weight Loss in Overweight Adults and the Association With Genotype Pattern or Insulin Secretion: The DIETFITS Randomized Clinical Trial. Gardner CD, Trepanowski JF, Del Gobbo LC, Hauser ME, Rigdon J, Ioannidis JPA, Desai M, King AC JAMA. 2018 Feb 20.

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Auteur : Gardner CD

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Brèves n°72 - Avril