L’objet de l’expérimentation décrite dans cet article, a été d’étudier si la visualisation d’images d’aliments avait un impact sur la sécrétion de ghréline. En effet, voir des aliments appréciés, donne envie de manger et accroît la prise énergétique, même en état de satiété. Les mécanismes physiologiques qui sous-tendent ces phénomènes sont encore mal connus.

D’où cette série menée sur 8 hommes jeunes et sains, soumis à 2 sessions consécutives séparées d’une semaine, pendant lesquelles des prélèvements sanguins, visant à mesurer le taux de ghréline étaient pratiqués tous les quarts d’heure entre 8h15 et 13h (toutes les 10 minutes entre 10h30 et 11h30). En parallèle, de 10h30 à 10h45, soit entre les deux repas pris à 8h30 et 12h, les sujets se voyaient présenter 50 images, soit non alimentaires (1re session), soit d’aliments (2e session).

Outre l’augmentation attendue du taux de ghréline avant les repas, les auteurs ont mis en évidence une élévation significative de ce même taux, durant les 30 minutes suivant la visualisation des images d’aliments comparativement aux 30 minutes avant (aire sous la courbe 188% versus 158% ; p < 0,05). En revanche, la visualisation d’images « neutres » n’a pas significativement accru le taux de ghréline. Les niveaux de sécrétion de leptine et d’insuline, étudiés concomitamment à celui de la ghréline, ne se sont pas trouvés modifiés par la visualisation d’images d’aliments.

Cette étude est en faveur de l’hypothèse d’une modulation de la sécrétion de ghréline par le système nerveux central. Les données viennent ainsi appuyer l’impact des facteurs environnementaux, notamment les stimuli visuels, sur le comportement alimentaire.

Ghrelin levels increase after pictures showing food.

Schüssler P., Kluge M., Yassouridis A., Dresler M., Uhr M., Steiger A.

Obesity (Silver Spring), 2012, vol. 20, No. 6, pp. 1212-1217.



Auteur : SCHUSSLER P

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 49 - Septembre 2012 - N49005 (Réf. 4735)