Réduire la taille des portions pour « renormaliser » notre perception de ce qui constitue une quantité normale : telle est la démarche qu’a souhaité tester une équipe anglaise à travers une série de trois expériences sur près de 250 adultes. Celles-ci comparaient les effets de la taille d’une portion de quiche (petite ou grande, attribution aléatoire) lors d’un déjeuner sur la taille de la portion sélectionnée 24 h plus tard par les sujets.

Trois expériences complémentaires

La « petite » portion distribuée le premier jour correspondait à un quart de quiche, pesait 100 g et contenait 220 kcal, tandis que la « grande » portion représentait le double. Le lendemain, l’expérimentateur présentait la quiche entière au participant en prétextant ne pas avoir eu le temps de procéder à la découpe et le laissait se servir librement. Pour isoler un éventuel effet du sexe des participants, les chercheurs ont réalisé l’expérience une fois chez des femmes (expérience 1) et une fois chez des hommes (expérience 2). Enfin, les chercheurs ont tenté de caractériser les effets des mêmes portions de quiche à plus long terme, en demandant aux participants de choisir, une semaine plus tard, la taille de portion qu’ils souhaiteraient consommer pour un déjeuner parmi plusieurs photos (expérience 3).

Une renormalisation des tailles de portion ?

Quel effet la taille de portion reçue initialement a-t-elle exercé in fine ? Les participants ayant reçu la petite part de quiche le premier jour consommaient significativement moins de quiche quand ils se servaient librement le lendemain ; en revanche, la différence n’était plus significative lors du choix réalisé sur photo une semaine plus tard, suggérant une atténuation de l’effet de la portion initiale avec le temps. Cependant, que la question leur soit posée un jour ou une semaine après, les participants ayant reçu la petite part de quiche donnaient une estimation plus petite d’une « portion normale ». A noter par ailleurs : les sensations de faim et de satiété après la consommation de quiche ne différaient pas selon la taille de portion consommée, imposée le jour 1 ou choisie le jour 2. Des résultats encourageants et novateurs qui soulignent non seulement la large gamme de portions aptes à satisfaire notre appétit, mais aussi le potentiel que représente la réduction de la taille de portions en matière de renormalisation de nos perceptions et consommations.

A retenir :

  • Une taille réduite de portion imposée un jour entraîne le choix d’une portion plus petite le lendemain.
  • Consommer une portion réduite d’aliment lors d’un unique repas modifie à la baisse notre perception de la portion normale, et ce, pendant au moins une semaine.
  • Ces résultats suggèrent le potentiel des petites portions pour renormaliser nos perceptions et consommations.

Source : Portion size and later food intake: evidence on the “normalizing” effect of reducing food portion sizes. Eric Robinson, Inge Kersbergen. The American Journal of Clinical Nutrition, Volume 107, Issue 4, 1 April 2018, Pages 640–646.

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Auteur : Robinson E.

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Brèves Nutrition n°72 - Mai 2018