Les mesures continues de la glycémie mises en place chez les diabétiques de type 1 montrent la complexité des différentes réponses glycémiques postprandiales observées et soulignent les limites de la détermination du dosage de l’insuline prandiale basée majoritairement sur le comptage des glucides. De récentes études ont montré que d’autres propriétés des aliments tels que l’index glycémique (IG), les teneurs en protéines et en lipides peuvent influencer significativement la réponse glycémique. L’Association Américaine du Diabète recommande en ce sens que les personnes présentant un diabète et qui maitrisent le « calcul des glucides » soient sensibilisées à l’impact glycémique des protéines et des lipides.

Cette revue systématique  a eu pour objectifs d’identifier et d’analyser précisément les résultats des études relatives à l’effet de ces facteurs sur la réponse glycémique postprandiale aigüe chez les diabétiques de type 1 ainsi que des études relatives aux stratégies de dosages de l’insuline prandiale en relation avec ces facteurs.

Au total, 29 études répondant aux critères d’inclusion ont été sélectionnées. Les résultats montrent que les repas qui contiennent des glucides et qui sont riches en lipides (n=7 études) ont engendré une réponse glycémique postprandiale retardée et prolongée. Dans certaines études, la glycémie a été réduite dans les 2 à 3 premières heures, probablement en raison d’une vidange gastrique plus longue. Six études parmi les sept incluses ont également montré une glycémie postprandiale modifiée de façon significative par l’addition de protéines. De même, les résultats ont indiqué que les aliments et les repas d’IG bas provoquaient des réponses glycémiques plus faibles.

En raison de limites et de différences méthodologiques, les résultats des stratégies de dosage d’insuline n’ont pas été cohérents. Les études ont cependant mis en évidence que les doses d’insuline postprandiales devraient pour une même teneur en glucides être plus élevées pour les repas riches en protéines et en lipides que les repas pauvres en protéines et lipides, à charge glycémique équivalente.

Les résultats de ces études montrent que de nouvelles recherches devraient être menées afin de tester de nouvelles méthodes de calcul pour le dosage de l’insuline basées sur la composition globale des repas et pas seulement sur leur teneur en glucides.

 

Impact of Fat, Protein, and Glycemic Index on Postprandial Glucose Control in Type 1 Diabetes: Implications for Intensive Diabetes Management in the Continuous Glucose Monitoring Era.

Bell KJ, Smart CE, Steil GM, Brand-Miller JC, King B, Wolpert HA.

Diabetes Care. 2015 June;vol. 38:6 1008-1015

Auteur : BELL KJ

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 61 - Septembre 2015 - N61014