Est-il bon de manger un gâteau au chocolat lorsque l’on suit un régime, ou bien de dépenser de l’argent lorsque l’on souhaite économiser pour un projet ? La plupart des personnes répondent non à ces questions, estimant qu’ils faut systématiquement rejeter les désirs allant à l’encontre d’un but important. Inversement, les auteurs de cette étude pensent que des écarts hédoniques, planifiés à l’avance, pourraient être bénéfiques à l’atteinte de l’objectif en améliorant la motivation du consommateur.

 

Les chercheurs ont mené deux études, fictive ou en condition réelle, afin de comparer l’efficacité d’un régime dans deux conditions : une condition « stricte » dans laquelle les participants devaient consommer 1500 kcal/j et une condition « efforts intermittents » dans laquelle les participants devaient consommer seulement 1300 kcal/j mais pouvaient, tous les 7 jours, manger ce qu’ils souhaitaient pendant un jour complet (jusqu’à atteindre 2700 kcal). Dans l’étude fictive, les sujets choisissaient leurs repas sur ordinateur. Après 7 jours de « faux régime », Les chercheurs ont soumis les participants à un scénario de tentation (le rayon snacks du supermarché) et les ont interrogés sur les stratégies pour y faire face, le nombre de stratégies citées permettant d’évaluer la capacité à atteindre le but. Dans l’expérience en condition réelle, 36 participants voulant perdre du poids ont réellement suivi 14 jours de régime dans l’une des deux conditions puis ont été interrogés sur leurs sentiments pendant ce régime, leur respect des consignes et leur avis sur la méthode.

 

Dans l’étude fictive, les résultats montrent que les participants de la condition « efforts intermittents » ont d’avantage apprécié les 7 jours de régime que ceux de la condition « stricte » (P < 0,001), ont imaginé significativement plus de stratégies pour vaincre la tentation (P < 0,05) et seraient donc plus capables d’atteindre le but final. Les résultats de l'étude en condition réelle montrent que dans la condition « stricte », la motivation à poursuivre l’objectif est influencée négativement par les écarts au programme, positivement par l’humeur du consommateur et négativement par le niveau de fatigue alors que seul le niveau de fatigue influence la motivation des sujets de la condition « efforts intermittents ». Les participants de la condition « stricte » ont vu leur capacité d’autorégulation ainsi que leur motivation diminuées après le régime (maintenues dans l’autre groupe).

 

Enfin, les chercheurs ont interrogé des personnes faisant des efforts pour atteindre un but et leur ont décrit l’une des deux méthodes (« stricte » ou « efforts intermittents ») que les sujets ont dû évaluer. Il y a eu peu de différences dans l’évaluation des deux scénarii proposés, excepté sur la motivation et l’utilité du programme pour atteindre le but (P < 0,05 pour les deux variables) qui étaient plus grandes pour le scénario « efforts intermittents ».

 

Ces différents résultats permettent de conclure qu’inclure des écarts planifiés pour atteindre un but aide à retrouver sa capacité d’autocontrôle, à maintenir la motivation et a des effets positifs sur l’humeur..

 

The benefits of behaving badly on occasion: Successful regulation by planned hedonic deviations

Rita Coelho do Vale, Rik Pieters, Marcel Zeelenberg,

Journal of Consumer Psychology, Vol 26, 1, January 2016, 17-28

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Auteur : COELHO DO VALE R.

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Brèves Nutrition n°64 - Juin 2016 - N64012