L’alimentation des sportifs a fait l’objet de multiples études et recommandations visant à optimiser les performances physiques. Néanmoins, la « performance » recouvre aussi des aspects cognitifs et liés à l’humeur. Ainsi, des travaux ont montré que la consommation de glucides durant un exercice physique pouvait procurer des bénéfices en matière d’humeur et de cognition après la fin de l’activité.

L’objet de cette expérimentation, au sein d’un groupe de douze jeunes hommes actifs sains, a été d’étudier l’impact et les interactions, sur l’humeur et les fonctions cognitives, de la prise ou non de petit-déjeuner et de la pratique ou non d’un effort physique. Chaque volontaire a subi quatre sessions expérimentales selon le protocole randomisé, contrôlé et en cross-over suivant : petit-déjeuner ou non  / deux heures de repos / effort physique durant une heure ou repos/ collation (boisson chocolatée) / deux heures de repos et enfin déjeuner à volonté. Sept séries de tests cognitifs et d’évaluation de l’humeur étaient pratiquées au cours de chaque session.

Aucun effet n’a été noté avant la collation. Au-delà, la fatigue mentale a été notée plus importante dans le cas d’un effort pratiqué sans prise de petit-déjeuner, comparativement à la même situation avec petit-déjeuner ou à la situation de repos sans petit-déjeuner. Le sentiment de tension intérieure a été perçu comme plus intense lors de la phase de repos après un petit-déjeuner et lors de l’effort pratiqué à jeun par rapport à une période de repos sans repas préalable ou après la combinaison d’un petit-déjeuner et d’un effort physique.

Les auteurs suggèrent que les apports en protéines du petit-déjeuner pourraient entraîner une limitation de la production de sérotonine, connue pour favoriser la sensibilité à la fatigue centrale. Les besoins du système nerveux en glucose étant élevés après un exercice physique, la prise de glucides au petit-déjeuner pourrait réduire les effets délétères sur l’humeur, par un accroissement des réserves en glycogène avant l’effort.

Cette expérimentation témoigne de l’influence de la prise ou de l’omission du petit-déjeuner avant un effort physique ou une phase de repos, sur les fonctions cognitives et l’humeur.

Breakfast consumption and exercise interact to affect cognitive performance and mood later in the day. A randomized controlled trial.

Veasey RC, Gonzalez JT, Kennedy DO, Haskell CF, Stevenson EJ.

Appetite. 2013 Sep;68:38-44.

Auteur : VEASEY RC

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 54 - Décembre 2013 - N54007 (Réf 4511)