Des expérimentations récentes ont montré que certains polluants de notre environnement comme les perturbateurs endocriniens (PE) et les polluants organiques persistants (POP) entretiendraient une relation néfaste avec le tissu adipeux. Ils pourraient être responsables de l’installation d’une obésité et des troubles métaboliques qui lui sont associés.

Les anomalies générées par ces composés commenceraient dès la phase périnatale. Durant cette période critique du développement, l’exposition à différents polluants environnementaux pourrait donner lieu à une augmentation de la masse adipeuse à l’âge adulte. La programmation épigénétique se verrait alors modifiée générant des effets observables au niveau du tissu adipeux.

D’autres travaux expérimentaux ont rapporté qu’une exposition aux POP entraînerait des effets anti-insuliniques sur les modèles de cellules adipeuses, et une inhibition de la différenciation des cellules précurseurs en adipocytes. Ces composés chimiques exerceraient des effets pro-inflammatoires sur les cellules graisseuses, avec en particulier une infiltration du tissu graisseux par les macrophages. Cette dernière donnée prend toute son importance lorsque l’on sait l’impact de cette infiltration macrophagique sur les complications métaboliques liées à l’obésité.

À l’inverse, le tissu adipeux aurait également des fonctions protectrices vis-à-vis des POP. Il a été mis en évidence qu’en cas d’exposition aigüe ou subaigüe, ces molécules hydrophobes tendent à s’accumuler dans les graisses et par conséquent dans le tissu adipeux (ou lait de la femme allaitante). L’accumulation observée diminuerait la disponibilité pour les autres tissus et cellules, on peut alors imaginer que certains organes de l’organisme seraient protégés dans des conditions d’exposition aiguë.

Outre le stockage dans le tissu adipeux, les POP sont détectables aussi dans le sang, témoignant possiblement d’un relargage endogène de ces composés vers d’autres compartiments que le tissu graisseux, celui-ci ayant joué un rôle de tampon toxicocinétique.

La masse grasse apparaît donc à la fois comme une cible mais aussi comme un régulateur de la toxicité de certains polluants environnementaux.

Interaction entre polluants environnementaux et obésité

Barouki R.

Cahiers de Nutrition et de Diététique 2013, N° 3:123-128

Auteur : BAROUKI R.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 52 - Juin 2013 - N52014 (Réf. 4488)