Plaisir et santé sont souvent opposés lorsque l’on parle de choix alimentaires, notamment chez les enfants. Une équipe de chercheurs de Dijon a étudié quelles composantes influencent les choix alimentaires des enfants en opposant d’une part les aspects hédoniques aux aspects nutritionnels, et d’autre part l’attitude implicite (non-consciente, associée aux habitudes de l’enfant) à l’attitude explicite (délibérée, associée à l’apprentissage).

Caractériser les attitudes des enfants

Des enfants de 6 à 11 ans (n=63) ont participé à des sessions de 90 minutes après l’école pendant lesquelles ils devaient choisir 5 aliments d’un buffet d’aliments sucrés, proposant 5 aliments considérés comme « sains » et 5 comme « peu sains ». Ils mangeaient ensuite ce qu’ils avaient choisi. Les 4 dimensions ont été évaluées de la manière suivante :

– Aspects hédonique et nutritionnel : selon un questionnaire portant sur les 10 aliments présentés dans le buffet, « A quel point aimes-tu cet aliment ? » et « Cet aliment est-il sain ? ».

– La dimension implicite : par une tâche d’appariement dans laquelle les enfants devaient choisir dans 11 triplets d’aliments, les deux aliments qui allaient le mieux ensemble (les paires pouvant être faites selon les caractéristiques hédoniques ou nutritionnelles dans chaque triplet).

– La dimension explicite : par une tâche dans laquelle les enfants devaient placer 48 aliments dans l’une des cases « miam », « beurk » (catégories hédoniques), « te rend fort » ou « te rend gros » (catégories nutritionnelles).

Une attitude hédonique oriente vers les choix plus sains

En moyenne, l’appréciation des aliments était équivalente pour les aliments « sains » ou « moins sains », et la perception « saine » était supérieure dans les aliments sains. Les enfants avec des scores hédoniques élevés (implicites et/ou explicites) choisissent plus d’aliments sains. Quand le score hédonique diminue, les enfants ont tendance à choisir moins d’aliments sains, bien qu’il n’y ait pas de différence de préférence entre les aliments sains, ou non. Les enfants choisissant le plus d’aliments « peu sains » sont ceux adoptant des attitudes nutritionnelles (implicites et/ou explicites). Une hypothèse serait que les enfants avec un contexte familiale basé sur la nutrition ressentent une restriction parentale à manger des aliments peu sains, et se tournent vers ces produits lors des choix libres.

Ces résultats suggèrent que le plaisir peut être un allié pour tendre vers une alimentation plus saine chez les enfants. D’autres recherches sont nécessaires pour comprendre les origines et fondements des attitudes des enfants, afin de modifier les choix des enfants et les guider vers une alimentation plus saine.

À retenir :

– Dans cette étude, les enfants ont une perception juste du caractère « sain » et « non sain » des aliments, avec une préférence hédonique équivalente.

– Contrairement aux idées reçues, les enfants qui associent l’alimentation avec le plaisir font des choix de meilleure qualité nutritionnelle.

 

Do hedonic- versus nutrition-based attitudes toward food predict food choices? a cross-sectional study of 6- to 11-year-olds. Marty L, Miguet M, Bournez M, Nicklaus S, Chambaron S, Monnery-Patris S. Int J Behav Nutr Phys Act. 2017 Nov 25

Auteur : Marty L

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Brèves n°73 - septembre