Sachant qu’une insulinémie élevée à long terme peut influencer le risque de cancer du sein, l’existence d’une association entre apports glucidiques, index glycémique (IG), charge glycémique (CG) et risque de cancer du sein a été étudiée chez 62 739 femmes ménopausées de l’étude Française E3N pour lesquelles apports glucidiques et en fibres avaient été rapportés par un questionnaire alimentaire en 1993. Après un suivi de 9 ans, 1812 cas de cancer du sein sont survenus. L’analyse du risque relatif global de cancer du sein estimé selon le modèle de régression de Cox n’a montré aucune association avec les apports glucidiques, l’IG et la CG [glucides: RR=1,05 (IC95%: 0,90-1,22), p=0,64; IG: RR=1,14 (IC95%: 0,99-1,22), p=0,06 et CG: RR=1,11 (IC95%: 0,96-1,29), p=0,14]. Cependant, après stratification en fonction des paramètres anthropométriques de résistance à l’insuline (IMC et tour de taille), l’IG était significativement associé au risque de cancer du sein chez les femmes en surpoids (IMC≥25) [RR=1,35 (IC 95%: 1,00-1,82), p=0,04] ou de tour de taille élevé [RR=1,35 (IC95%: 1,04-1,75), p=0,01]. Après stratification selon le type de cancer (oestrogéno-dépendant ou non), une association a aussi été observée entre apports glucidiques, CG et risque de cancer non oestrogéno-dépendant (p=0,003 et p=0,03 respectivement). Cependant, la significativité de cette association reste à vérifier. En effet, une seule détermination des apports ayant été réalisée en 1993, les participantes ont pu modifier leur alimentation lors du suivi de 9 ans, ce qui a pu fausser les stratifications en quartiles de consommation.


Carbohydrate intake, glycemic index, glycemic load, and risk of postmenopausal breast cancer in a prospective study of French women. Lajous M et al. Am J Clin Nutr, 2008, 87 : 1384-91

Auteur : Lajous M et al.

Documents supports :
Brève Nutrition N° 34 - Janvier 2009 - N34015