Obésité : sur quelle base juger un produit, se demandent les industriels

 

le 30 septembre 2008 à 14h13

PARIS

 

Les industriels sont opposés à l’augmentation de la TVA sur certains aliments, comme le propose un rapport parlementaire sur la prévention de l’obésité, et estiment qu’aucune ‘base légale ou scientifique’ ne peut déterminer ce qui est bon ou mauvais dans un produit. ‘Sur quelle base légale ou scientifique, le gouvernement pourrait taxer une barre chocolatée plutôt qu’un pain au chocolat’, s’est demandé un porte-parole de Mars Chocolat France, interrogé par l’AFP, alors que, selon lui, une barre chocolat de son groupe de 42 grammes fait 186 calories et qu’un pain au chocolat de boulangerie de 68 grammes fait 278 calories.

 

Un rapport parlementaire, présenté mardi à l’Assemblée par la députée UMP Valérie Boyer, propose d’assujettir les produits de grignotage et de snacking au taux normal de TVA de 19,6% au lieu du taux réduit de 5,5% actuellement applicable. Il y a ‘un problème concret de mise en application de cette TVA’ parce qu’il faut définir ‘ce qui est bon ou mauvais dans un produit’, a expliqué Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires. ‘Bruxelles prévoit d’analyser l’ensemble des produits et de définir leurs profils sur le plan nutritionnel’, a-t-il précisé à l’AFP.

 

C’est à partir de ce travail, qui sera présenté devant le Parlement européen début 2009, qu »on pourra tirer un certain nombre d’enseignements objectifs’ et ‘se faire une idée pour savoir si un produit est trop gras, trop sucré ou trop salé’, selon M. Buisson. M. Buisson regrette d’ailleurs que ce rapport veuille imposer une législation nationale et ne fasse pas le lien avec ce qui est déjà en cours à Bruxelles.

 

L’Union européenne (UE) planche en effet sur une autre directive qui devrait rendre obligatoire l’étiquetage nutritionnel de tous les produits, a encore expliqué M. Buisson.

 

Le rapport parlementaire français n’évoque pas le sujet de l’étiquetage. Il prévoit en revanche que le contenu en calories figure dans les publicités pour les produits avec ajout de sucre et sur les tickets de caisse des fast-foods.

 

Actuellement en France, seuls les produits qui affirment des allégations nutritionnelles ou de santé doivent présenter des étiquetages nutritionnels, a confirmé à l’AFP un porte-parole de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Pour tous les autres produits, la seule obligation qu’ont les industriels est d’indiquer les ingrédients, selon lui. Près de ’80 % des produits comportent déjà un étiquetage nutritionnel’, selon M. Buisson, essentiellement pas souci de transparence.

 

Mais l’UE souhaite le rendre obligatoire et exiger des industriels qu’ils donnent jusqu’à huit indications nutritionnelles de leurs produits, a indiqué de son côté M. Buisson. La valeur calorique par portion devra également figurer sur la face du produit, a-t-il ajouté. Cette directive devrait être présentée devant le Parlement au 1er trimestre 2009 et adoptée en 2010 pour une application en 2013, selon M. Buisson.

 

L’étiquetage nutritionnel analyse un produit en fonction de ce qu’il apporte en terme de nutriments (lipide, acides gras saturés, sodium, sucre…) à l’organisme, explique une responsable réglementation d’un professionnel de la barre chocolatée qui a requis l’anonymat. ‘Le contenu nutritionnel dépend des ingrédients’ et du procédé de production, ajoute-t-elle.