Si l’on considère aujourd’hui que passer fréquemment du temps devant la télévision expose au risque d’obésité, on sait encore peu de choses sur la manière dont ce lien s’exerce, en particulier chez l’adulte. À cet égard, les études ayant cherché à évaluer les rôles respectifs des apports alimentaires et de l’activité physique dans cette association, ayant de surcroît bénéficié d’une méthodologie de qualité optimale, sont peu nombreuses. La série de Tucker et al. s’est fixé trois objectifs : l’objectif principal a été de valider l’impact des apports alimentaires et de l’activité physique sur la relation entre le fait de regarder la télévision, le niveau de corpulence (indice de masse corporelle [IMC]) et le taux de masse grasse. Le second objectif a été d’évaluer l’influence de facteurs confondants comme l’âge et le niveau culturel. Enfin, le troisième objectif a été de déterminer le rôle du petit écran dans la survenue d’un surpoids ou d’une obésité, estimés par l’IMC et le taux de masse grasse. En pratique, cet essai conduit transversalement, dans une population de 300 femmes, s’est doté de méthodes rigoureuses pour l’évaluation des paramètres : accéléromètres portés sur sept jours pour l’activité physique, pléthysmographie pour le taux de masse grasse, et enquête alimentaire sur sept jours pour les apports énergétiques. Ainsi, l’effectif a été réparti en trois groupes, pour deux des critères : le temps passé devant la télévision (≤ 1 h/j = téléspectateurs rares, 1 à 2 h/j = modérément fréquents et ≥ 3 h/j = téléspectateurs assidus) et l’activité physique (activité soutenue, modérée et sédentaire). L’analyse des données a mis en évidence une adiposité significativement supérieure chez les téléspectatrices assidues, comparativement aux deux autres groupes, alors que la corpulence n’était pas différente. Les ajustements pour l’âge, le niveau culturel, l’activité physique autre que soutenue et les apports caloriques ont eu un impact marginal sur les corrélations. En revanche, en ajustant sur l’activité physique globale et l’activité soutenue, les relations ont été annulées. Les auteurs en concluent que la relation entre temps passé devant la télévision et adiposité repose, au moins en partie, sur le faible niveau d’activité physique, en particulier d’activité soutenue.


Television viewing and obesity in 300 women: evaluation of the pathways of energy intake and physical activity. Tucker L.A., Tucker J.M.. Obesity, 2011, 19 : 1950-6


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Brèves Nutrition N° 46 - Décembre 2011 - N46012 (Réf 4697)