Plusieurs articles reviennent sur l’étude réalisée par le bureau Européen de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) à propos des aliments pour bébé en mettant l’accent sur un message commun : la nourriture industrielle pour bébé serait trop sucrée.

Revenons sur quelques points clés de ce rapport pour comprendre de quoi il s’agit.

« 8.000 produits dans plus de 500 magasins différents en Europe » ?

> Une étude menée dans 4 villes différentes sur une large catégorie d’aliments pour bébé

L’analyse a été effectuée dans 4 villes (Vienne en Autriche, Sofia en Bulgarie, Budapest en Hongrie et Haïfa en Israël) de la « Région Européenne » de l’OMS.

Les produits analysés concernent un grand nombre de catégories d’aliments destinés aux bébés et enfants en bas âge, entre 0 et 3 ans (36 mois) : laits infantiles et petits pots de légumes et de fruits mais aussi laits de croissance, biscuits, céréales infantiles, jus de fruits, plats préparés, soupe, yaourts et desserts.

 

« La moitié ou plus des produits fournissaient plus de 30 % des calories provenant des sucres totaux » ?

> Le rapport parle bien de « sucres totaux » et non des sucres ajoutés

Cette phrase mérite une explication par l’exemple. Il est bien question de sucres totaux, et non des seuls sucres ajoutés. En effet, les fruits, légumes et le lait apportent naturellement des sucres (fructose, lactose…) qui se retrouvent quantifiés dans le tableau nutritionnel à la ligne « dont sucres ».

 

Pour un petit pot à la poire :

La liste des ingrédients est courte (99,9% de poire et de la vitamine C), pas de sucres ajoutés.

Le tableau nutritionnel indique que 100 g de purée apportent 8,5 g de sucres : il s’agit bien des sucres présents dans la poire. Pour 4kcal / g de sucres, on obtient : 8,5 *4 = 34 kcal provenant des sucres contribuant à 80 % des calories totales.

 

ingredients

tableau-nutritionnel

A l’image de ce petit pot, la contribution des sucres aux calories est souvent, et logiquement, importante dans les produits à base de fruits, de légumes ou de lait.

Elle n’indique en rien une présence ou non de sucres ajoutés dans les aliments pour bébé, qui est mentionnée uniquement dans la liste des ingrédients.


Voir notre article « Bien lire une étiquette alimentaire : décrypter la présence de sucres ajoutés ».


Pour d’autres produits tels que les desserts lactés ou desserts à base de fruits, le secteur des Aliments de l’enfance rappelle que les taux de sucres dans les produits commercialisés en France sont très inférieurs aux teneurs maximales réglementaire.

 

> Édulcorants ou ingrédients sucrants ?

Selon la règlementation européenne, les édulcorants (additifs tels que l’aspartame ou les extraits de stévia) ne sont pas autorisés dans les aliments pour nourrissons ou enfants en bas âge.

Le terme « sweetening agents » ferait référence à des « ingrédients sucrants » tels que le miel, le fructose et non pas à des édulcorants au sens réglementaire.

 

Notre conseil : pour en savoir plus sur les quantités de sucres ajoutés aux aliments préparés, vous pouvez vous reporter à la liste des ingrédients sur l’emballage. Plus la liste est courte, plus vous aurez de chance que le produit soit proche d’une recette « faite maison ».

 

Référence de l’étude : Communiqué de presse de l’OMS et rapport complet