Pour savoir si la nourriture retient de manière équivalente l’attention des personnes obèses et de celles de poids normal, cette étude s’est fondée sur des méthodes validées de suivi des mouvements visuels pour évaluer l’addiction. Trente-six femmes (18-35 ans), dont 18 obèses et 18 sujets contrôles, devaient observer des images deux par deux, l’une représentant de la nourriture et l’autre non, puis identifier le plus vite possible un dessin remplaçant l’une des deux images à l’aide d’un clavier. Les mouvements oculaires (direction et durée du regard) et le temps de réaction étaient mesurés pour chaque couple d’images. Cette tâche était effectuée soit à l’état de satiété, soit à jeun depuis au moins 8 heures. À jeun, l’attention des deux groupes était retenue plus longtemps par la nourriture la plus calorique et elle était semblable pour les images alimentaires [t (34) = 0,05, p = 0,958]. En revanche, à l’état de satiété, le regard des sujets obèses était attiré plus vite et plus longtemps par les images d’aliments, alors que les sujets de poids normal accordaient une attention similaire aux deux types d’images [t (34) = 4,70, p <0,001]. De plus, les scores des sujets obèses en réponse à des questionnaires évaluant la personnalité et les comportements alimentaires, indiquaient une susceptibilité à des troubles du contrôle alimentaire. Ces résultats appuient l’hypothèse d’une altération du circuit de la récompense et du plaisir, comparable à celle induite par les drogues, chez les sujets obèses, entraînant une attirance marquée pour la nourriture même sans sensation de faim.*
Obese adults have visual attention bias for food cue images : evidence for altered reward system function. Int J Obes,


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Brèves Nutrition N° 38 - Décembre 2009 - N38010