La vie moderne (horaires de travail décalés, voyages professionnels, activités de loisir tardives) a profondément changé nos habitudes de sommeil. Certaines maladies comme l’insomnie et le syndrome d’apnée du sommeil sont aussi responsables d’un sommeil altéré chez plus de 30 % des adultes. Tous ces facteurs contribuent à un manque de sommeil chronique qui peut avoir une influence sur notre santé. Le but de cette revue était de faire le point sur les associations entre les problèmes de sommeil les plus répandus (manque de sommeil, altération des rythmes circadiens, syndrome d’apnée du sommeil) et les altérations métaboliques qui en découlent.

Le manque de sommeil est un facteur de risque du gain de poids et d’accumulation de graisse abdominale. Des études expérimentales le confirment : des sujets ayant une durée de sommeil plus courte ont une préférence pour les aliments gras et sucrés et leur consommation calorique journalière est augmentée d’environ 20%. Un sommeil perturbé est associé à plusieurs paramètres pré-diabétiques (hyperglycémie, glycémie et insulinémie post-prandiales élevées, résistance à l’insuline). Il contribue aussi à une plus grande prévalence d’obésité et de diabète de type 2 et il est un facteur de risque de mortalité et de morbidité cardiovasculaire. Le travail décalé et les voyages de longues distances conduiraient à la désynchronisation entre le noyau suprachiasmatique de l’hypothalamus qui règle les rythmes circadiens et le métabolisme dans les tissus périphériques.

Le syndrome d’apnée du sommeil, qui touche 3-7% de la population générale, perturbe la tolérance au glucose et la sensibilité à l’insuline. Des méta-analyses d’études prospectives ont confirmé que cette maladie augmente le risque de développer un diabète de type 2 d’environ 60%. L’hypoxie intermittente due à cette apnée agit sur la production et la sécrétion d’insuline pancréatique et sur les organes cibles de l’insuline tels que tissu adipeux, foie et muscles squelettiques.

Des études expérimentales ont montré que la perturbation du sommeil par des stimuli auditifs ou mécaniques pendant 2 ou 3 nuits diminue la sensibilité à l’insuline, suggérant que de telles expositions compromettent le maintien de l’homéostasie du glucose à l’origine du diabète de type 2. L’altération du contrôle métabolique due à la fragmentation du sommeil fait probablement intervenir des niveaux élevés de cortisol la nuit et le matin ainsi qu’une activation du système nerveux sympathique.

Cette revue met en évidence les altérations métaboliques dues au manque de sommeil ou à son altération et les mécanismes physiologiques mis en jeu. Le manque de sommeil contribuerait au développement de l’obésité et au syndrome métabolique.

The impact of sleep disorders on glucose metabolism: endocrine and molecular mechanisms.

Briançon-Marjollet A, Weiszenstein M, Henri M, Thomas A, Godin-Ribuot D, Polak

J. Diabetol Metab Syndr. 2015 Mar;7:25.

Auteur : Briançon-Marjollet A

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 61 - Septembre 2015 - N61008