Le manque de sommeil est aujourd’hui considéré comme un facteur de risque de surpoids. Il pourrait être associé à une surconsommation d’aliments denses en énergie. Des chercheurs iraniens ont voulu savoir si les nuits courtes influençaient les choix alimentaires des enfants et adolescents.

Sommeil et habitudes alimentaires des 6-18 ans passés à la loupe

Les données de l’enquête iranienne de surveillance en milieu scolaire, réalisée auprès de 14 274 enfants de 6 à 18 ans, ont été exploitées. Le manque de sommeil était défini par une durée de moins de 10 heures par nuit chez les enfants de moins de 10 ans, et de moins de 9 h chez les plus de 10 ans. La durée de sommeil était analysée au regard de la fréquence de consommation « d’aliments de snacking »[1] par les jeunes, de leur activité physique et du temps passé devant les écrans.

Les participants dormaient en moyenne 8,57 heures par nuit et des corrélations étaient notées entre leur durée de sommeil d’une part, et leurs caractéristiques socio-démographiques et comportements de santé d’autre part.

 

Des choix alimentaires corrélés au manque de sommeil

Selon l’étude, il existait une relation entre la durée du sommeil et les choix alimentaires, même après ajustement sur les caractéristiques socio-démographiques (âge, sexe, lieu de résidence, indice de masse corporelle, statut socio-économique…) et les comportements de santé des sujets (temps passé devant les écrans, activité physique…).

Le manque de sommeil était associé à une plus grande fréquence de consommation d’en-cas salés, de boissons gazeuses, d’aliments de type « fast-foods » et de thé sucré, et au contraire, à une moindre consommation de fruits frais, de fruits secs, de jus de fruits, de boissons gazeuses sans sucre, de lait, de yaourts et de café. Enfin, chaque heure de sommeil en plus réduisait la probabilité de consommer quotidiennement du fromage, des fast-foods et du thé. Aucune corrélation n’était observée avec la consommation de légumes.

Ainsi, le manque de sommeil ressortait comme associé à des choix d’aliments de snacking souvent moins favorables. D’après les auteurs, les mécanismes impliqués pourraient être en partie d’ordre biologique, avec une altération du rythme circadien et/ou des sécrétions hormonales responsables de la régulation de l’appétit. Des déterminants d’ordre socio-culturel et corrélés au manque de sommeil pourraient aussi intervenir, comme une augmentation du temps « disponible » pour manger.

 

À retenir :

  • Dans une étude observationnelle iranienne, le manque de sommeil chez les enfants est associé à des habitudes alimentaires moins favorables, notamment en termes de choix d’aliments de snacking

 

[1] Produits sucrés, en-cas salés, boissons gazeuses sucrées, boissons gazeuses édulcorées, jus de fruits, fruits frais, fruits secs, légumes, lait, yaourts, fromage, fast-foods, thé, café.

 

Source : Association of sleep duration and snack consumption in children and adolescents: The CASPIAN-V study. Mozaffarian N, Heshmat R, Ataie-Jafari A, Motlagh ME, Ziaodini H, Shafiee G, Taheri M, Mansourian M, Qorbani M, Kelishadi R. Food Sci Nutr. 2020 Feb 19;8(4):1888-1897.

 

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Auteur : Mozaffarian N

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Brèves Nutrition mai 2020