D’après une étude menée par des chercheurs de l’université de Chicago, l’image que nous avons des personnes atteintes d’obésité est mauvaise et erronée. Pire, eux-même ont une mauvaise image de leur maladie. Pourquoi pensons nous tous que l’obésité est liée au manque de volonté individuelle de perdre du poids alors qu’il s’agit bien d’une maladie ?

 

Atlantico : D’après une étude de l’université de Chicago, l’obésité est très souvent perçue comme un manque de volonté de faire du sport et de manger sainement. Qu’est-ce que cette étude nous apprend de plus sur ce phénomène ? En quoi nous permet-il de mieux le comprendre ?

 

Arnaud Cocaul : Aux États-Unis, chacun est libre de faire ce qui lui plaît au niveau de sa santé. On veut manger en pleine connaissance de cause en sachant ce qu’apporte exactement chaque produit en termes de nutriments, de vitamines, de calories. Peu importe ce que l’on mange. Donc chacun est renvoyé à son propre destin et à sa propre responsabilité. L’obésité est la seule maladie chronique visible (on ne sait pas si quelqu’un a du diabète ou un cancer ou un pace maker en le regardant mais l’obésité cela se voit). Donc c’est une maladie visible exposant au regard critique d’autrui. Certaines personnes mal attentionnées peuvent penser que l’obésité est une maladie du manque de volonté, de l’impuissance à se mouvoir, à sortir de son canapé donc tout le florilège d’idées préconçues y passe. Que les trois quarts des participants de l’étude pensent que l’obésité résulte d’un manque de volonté est symptomatique de notre époque où on s’érige en expert sans souvent ne rien comprendre à la situation.