Circulating glucose levels modulate neural control of desire for high-calorie foods in humans

Des neurones spécialisés, sensibles à la concentration en glucose et contrôlant l’homéostasie de ce nutriment ainsi que le comportement alimentaire, ont été mis en évidence dans différentes localisations du système nerveux central. En situation d’hypoglycémie, le rôle des neurones hypothalamiques et de la partie inférieure du tronc cérébral dans le maintien de l’homéostasie énergétique, est bien identifié. En revanche, les mécanismes neuronaux sous-tendant la conduite de recherche alimentaire qui résulte de cette hypoglycémie, sont encore inconnus.

L’objet de cette recherche était de confirmer qu’une baisse modérée de la glycémie, telle que celle observée chez un sujet sain à distance de l’ingestion de glucose, activait les voies de recherche alimentaire et aboutissait à un choix d’aliments riches en énergie. De plus, les auteurs souhaitaient comparer les comportements d’individus obèses et normo-pondéraux. A cet effet, ils ont pratiqué une IRM fonctionnelle chez 14 sujets sains (5 obèses et 9 normo-pondéraux), 2 heures après la prise d’un repas standardisé. Durant la phase d’imagerie, ils étaient soumis à une épreuve de clamp hyperinsulinémique euglycémique-hypoglycémique. Enfin, en parallèle, les participants étaient confrontés à des images d’aliments faibles ou riches en calories et à des images non alimentaires.

Les résultats ont montré qu’en situation d’hypoglycémie modérée, les signaux visuels apportés par les images d’aliments, stimulaient préférentiellement les zones limbiques et du striatum et généraient une envie d’aliments riches en énergie. A contrario, en état euglycémique, l’activation constatée du cortex préfrontal médian, aboutissait à un intérêt émoussé pour les aliments. Chez les sujets obèses, cette activation préfrontale en situation euglycémique faisait défaut.

Pour les auteurs, ces données pourraient permettre d’envisager, dans le cadre d’une prise en charge de l’obésité, des stratégies individuelles limitant les baisses de glycémie post-prandiales par des prises alimentaires réduites et fréquentes, prévenant ainsi le risque de surconsommation d’aliments riches en calories.


 

Circulating glucose levels modulate neural control of desire for high-calorie foods in humans. PAGE K.A., SEO D., BELFORT-DEAGUIAR R., LACADIE C., DZUIRA J., NAIK S., AMARNATH S., CONSTABLE R.T., SHERWIN R.S., SINHA R. The Journal of Clinical Investigation, 2011, 121, 10 : 4161-69


 

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Brèves Nutrition N° 46 - Décembre 2011 - N46005 (Réf 4689)