C. elegans est un petit ver qui a été utilisé comme modèle pour étudier les phénotypes de surconsommation alimentaire. Grâce à ce modèle, les auteurs avaient préalablement découvert que la culture de vers sur un milieu enrichi en glucose les protégeait du stress environnemental. Mais il y avait un prix à payer : leur capacité de reproduction était réduite. Cette nouvelle étude confirme les résultats précédents et s’intéresse également aux modifications transmises à la génération suivante non exposée au glucose. Comme dans les études précédentes, le glucose réduit la durée de vie des vers parents. Chez les descendants, on observe une légère réduction de la fécondité mais leur durée de vie n’est pas réduite. Un mécanisme épigénétique semble être à l’origine de la transmission de résistance au stress oxydatif. Les auteurs ont pu identifier que ces effets mettaient en jeu une voie métabolique bien connue impliquant des gènes de réponse au stress régulant le vieillissement et la réponse d’un organisme à l’état nutritionnel. Autre résultat intéressant, lorsqu’on induit une toxicité neuronale par mutation génétique chez ces vers, l’exposition au glucose permet une diminution de la paralysie et de la neurodégénérescence et cet effet protecteur persiste à la génération suivante non exposée au glucose. Ainsi, l’exposition au glucose de la génération parentale est capable d’induire un phénotype de résistance au stress cellulaire avec en contrepartie des conséquences sur la santé et la survie (réduction de la fécondité et de la durée de vie). En revanche, le glucose influe positivement sur la physiologie de la descendance via des modifications épigénétiques, telles la méthylation de la chromatine. En plus d’avoir une meilleure résistance au stress et certaines pathologies, les vermisseaux, jamais exposés au glucose, ont une espérance de vie normale contrairement à leurs parents soumis à un régime riche en glucose. Cette stratégie pourrait être adaptative aux conditions nutritionnelles rencontrées.

 

Heritable Transmission of Stress Resistance by High Dietary Glucose in Caenorhabditis elegans.

 

Tauffenberger A, Parker JA.

PLoS Genet. 2014 May 1;10(5):e1004346



Auteur : TAUFFENBERGER A

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 57 - Septembre 2014 - N57007 (Réf 4555)