Le développement de la neuro-imagerie a permis de mieux appréhender les implications du fonctionnement cérébral dans le domaine de l’obésité. Le stress et les stimuli de nature alimentaire affectent le comportement alimentaire par l’intermédiaire des centres nerveux corticolimbiques et striataux. L’objectif de cette étude américaine est d’approfondir le type d’interaction entre ces deux facteurs environnementaux et la motivation de manger. Pour cela, les auteurs se sont basés sur l’idée que l’insulinorésistance pourrait constituer un élément important dans la régulation de la prise alimentaire. Ils ont mené une expérimentation chez 50 adultes volontaires (19 à 50 ans) obèses pour la moitié de l’échantillon.L’hypothèse de ce travail était que les sujets obèses montreraient en imagerie fonctionnelle (IRMf), une réponse corticolimbique et striatale accrue après une exposition au stress et à des stimuli alimentaires, par comparaison aux sujets minces. Elle supposait par ailleurs que l’activation cérébrale serait corrélée au métabolisme insulinique (insulinémie, insulinorésistance) et aux sensations subjectives de fringale. Sur un plan pratique, le protocole prévoyait, au préalable, des prélèvements sanguins afin d’étudier le métabolisme insulinique et le niveau d’insulinorésistance. Durant la session d’IRMf cérébrale chaque sujet était soumis à des séries de stimuli à visée de stress ou de nature alimentaire, entrecoupées de brèves phases de relaxation.

Les résultats obtenus ont confirmé l’hypothèse d’une réaction corticolimbique chez les sujets obèses, et non chez les sujets minces suite aux 2 types de stimuli. De la même façon, pour ce même type de sujets, la sensation de fringale, l’insulinorésistance et l’insulinémie ont été trouvées corrélées à cette activité cérébrale.Bien qu’issues d’une série transversale et ne permettant donc pas d’établir un lien de causalité, ces données ont potentiellement d’importantes implications cliniques. En effet, limiter l’insulinorésistance et ses répercussions pourrait réduire l’activité cérébrale des voies qui conditionnent les fringales et, par voie de conséquence, aider les personnes obèses à améliorer leur comportement alimentaire lors de phases de stress ou lorsqu’elles sont soumises à des « tentations alimentaires ».

Neural correlates of stress- and food cue-induced food craving in obesity: association with insulin levels.

Jastreboff AM, Sinha R, Lacadie C, Small DM, Sherwin RS, Potenza MN.

Diabetes Care. 2013 Feb;36(2):394-402.


Auteur : JASTREBOFF AM

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 52 - Juin 2013 - N52005 (Réf. 4479)