Deux chercheurs de l’université de l’Alabama aux Etats-Unis ont publié récemment un travail très original portant sur les biais d’interprétation appelés « White Hats ». Ces biais sont définis comme une tendance des chercheurs à orienter les conclusions d’études dans le but de valoriser des données plus « nutritionnellement correctes ». 
Le terme « White Hats » est employé en référence aux westerns hollywoodiens des années ’50, où les cowboys pleins de bonnes intentions portaient toujours des « chapeaux blancs » et les méchants des chapeaux noirs.
Les 2 auteurs américains se sont intéressés à deux études portant sur la prévention de l’obésité et souvent citées en référence sur ce thème, l’une concernant la consommation de boissons sucrées (réputé comme étant un facteur de risque) et l’autre sur l’allaitement maternel (facteur réputé protecteur). Dans les deux études originales, on trouve des résultats significatifs et non significatifs vis-à-vis de la prise de poids, laissant le choix aux auteurs de travaux ultérieurs pour citer et interpréter.
Après analyse, les chercheurs qui citent la première étude ont nettement tendance à exagérer l’évidence d’une relation positive entre la réduction de la consommation de boissons sucrées et la perte de poids ou la diminution de l’obésité, alors même qu’aucun lien de causalité n’a été établi.
Dans la seconde analyse portant sur l’allaitement, les chercheurs mettent plus en valeur la relation positive entre l’allaitement maternel et la diminution du risque de l’obésité, tout en omettant de présenter les données moins favorables.
Ce travail montre qu’il est parfois difficile d’assurer une interprétation objective des données publiées et de s’affranchir des préjugés ou de représentations dominantes. Selon les auteurs, les chercheurs se doivent d’appliquer la rigueur scientifique nécessaire pour minimiser ces biais de « bonnes intentions », notamment dans le contexte du développement des recommandations de santé publique. 
Cope MB., Allison DB. White hat bias: examples of its presence in obesity research and a call for renewed commitment to faithfulness in research reporting. International Journal of Obesity (2009) 1-5.