Cette revue systématique de la littérature est un des éléments à la base de la 5e version du projet Nordic Nutrition Recommendations, support des recommandations nutritionnelles à destination des pays d’Europe du Nord. Faisant le point sur les données scientifiques publiées depuis la 4e version (2004), le groupe d’experts s’est attaché à évaluer les conséquences de la consommation de sucres (boissons sucrées, saccharose et fructose) sur la survenue d’un diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et d’autres facteurs de risque métabolique associés (intolérance au glucose et insulinorésistance, dyslipidémie, HTA, acide urique et marqueurs de l’inflammation) et sur la mortalité toutes causes. Ils ont, à cet effet, compilé plus de 2 700 articles, pour en sélectionner 17, dont 15 cohortes prospectives et 2 études d’intervention contrôlées et randomisées en crossover, publiées entre 2000 et 2011.

Les principales données issues de ce travail sont : d’une part, les boissons sucrées augmentent probablement le risque d’occurrence d’un diabète de type 2. Quatre parmi 6 études de cohorte prospectives ont donné des résultats dans ce sens, avec les plus larges cohortes rapportant souvent des corrélations significatives. Par ailleurs, cette potentielle relation entre boissons sucrées et incidence du diabète est apparue médiée, au moins en partie, par l’obésité.

D’autre part, les éléments trouvés concernant l’association éventuelle entre apports en sucres totaux, glucose, fructose et incidence du diabète de type 2, sont insuffisants pour trancher.

Enfin, les autres facteurs de risque (cardiovasculaire et métabolique) ainsi que la mortalité, ont fait l’objet de trop peu d’études éligibles pour permettre de prendre position.

Les experts, auteurs de cette revue, en concluent qu’aucune limite précise de consommation de sucres ne peut être énoncée sur la base des preuves scientifiques issues de ce travail. Ils restent en revanche sur une démarche préventive en confirmant les recommandations de la version 4 du NNR, à savoir une contribution d’au maximum 10% de sucres ajoutés et de boissons sucrées aux apports énergétiques quotidiens.

Does high sugar consumption exacerbate cardiometabolic risk factors and increase the risk of type 2 diabetes and cardiovascular disease ?

Sonestedt E., Overby N.C., Laaksonen D.E., Birgisdottir B.E.

Food Nutr Res, 2012, No. 56. doi:10.3402/fnr.v56i0.19104.




Auteur : SONESTEDT E

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 50 - Décembre 2012 - N50014 (Réf. 4759)