Les consommations excessives d’aliments sucrés et salés par les enfants sont l’objet de préoccupations croissantes en raison de leur impact sur la santé. Afin de mieux comprendre les choix alimentaires des enfants, les auteurs de cette étude ont examiné les différences individuelles de préférences pour les saveurs sucrée et salée au sein d’un groupe d’enfants américains âgés de 5 à 10 ans (n= 101) et de leurs mères (n=76). L’objectif était de déterminer si les préférences pour le salé et le sucré chez l’enfant étaient indépendantes et si elles étaient liées aux marqueurs de croissance et aux différences génétiques. Les chercheurs ont évalué les concentrations de saccharose et de sel préférées dans l’eau et le bouillon d’une part et dans des gelées et des biscuits salés d’autre part, ainsi que les consommations alimentaires d’aliments salés et sucrés. La taille, le poids, le pourcentage de masse grasse et le génotype TAS1R3 du récepteur au goût sucré ont également été déterminés.

Les résultats montrent que les enfants préfèrent des teneurs en sel dans le bouillon et en saccharose dans l’eau plus élevées que leurs mères. Quel que soit l’âge, les préférences pour le salé et le sucré étaient significativement et positivement corrélées. Les garçons ont préféré des solutions plus concentrées en saccharose que les filles mais il n’y a pas eu de différence entre filles et garçons pour la préférence du salé dans le bouillon. Les enfants grands pour leur âge ont préféré des solutions plus sucrées que les plus petits et le pourcentage de masse grasse corporelle était corrélé à la préférence au sel. Chez les mères mais non chez les enfants, la préférence sucrée était corrélée au génotype du récepteur au goût sucré TAS1R3. Les mesures de préférence étaient liées à la consommation de sodium mais non à celle de sucres ajoutés.

En conclusion, les préférences au sucré et au salé sont positivement corrélées l’une à l’autre et liées d’avantage aux pics de croissance des enfants qu’à leur génotype. Ces préférences pourraient impacter la consommation de certains aliments, salés notamment.

Preferences for salty and sweet tastes are elevated and related to each other during childhood.

Mennella JA, Finkbeiner S, Lipchock SV, Hwang LD, Reed DR.

PLoS One. 2014 Mar 17;9(3):e92201


Auteur : MENELLA JA

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 56 - Juin 2014 - N56001 (Réf 4534)