Le concept d’index glycémique (IG) repose sur la réponse glycémique à l’ingestion d’un aliment glucidique. D’après ce paramètre, on attribue souvent un IG élevé aux aliments riches en amidons rapidement digestibles et un IG bas à ceux comportant plutôt des amidons à digestion lente. Pourtant, il semble que la réponse glycémique soit influencée aussi par d’autres facteurs tels que la production de glucose endogène (PGE) et la captation tissulaire du glucose (CTG).

Durant cette expérimentation, dix volontaires sains devaient ingérer deux repas tests à base de pâtes ou de pain marqués au 13C, à une semaine d’intervalle et en cross-over, et devant théoriquement générer une réponse glycémique équivalente. En parallèle aux repas, ils étaient perfusés avec du D-[6,6-²H2]glucose. L’objectif de ce double marquage isotopique était de suivre la cinétique du glucose dans l’organisme, quelle que soit son origine, selon différents paramètres : taux d’absorption du glucose exogène (AGE), production de glucose endogène (PGE) et clairance du glucose (CG). De plus, le profil de la glycémie post-prandiale, l’insuline, le glucagon et la réponse du Gastro Intestinal Peptide (GIP) étaient évalués.

Parmi les résultats obtenus, le taux d’hormone insulinotrope GIP mesuré a été plus faible après le repas de pâtes qu’après celui de pain et s’est avéré étroitement corrélé au niveau d’AGE (r=0.82 ; p>0.01). De même, le repas de pâtes a généré une réponse insulinique plus basse (p<0.01), accompagnée d’une clairance du glucose plus faible.

Les auteurs expliquent la forte réponse glycémique, en dépit d’une digestion lente des pâtes, par une faible captation tissulaire du glucose issu du métabolisme de celles-ci. La moindre absorption digestive du glucose entrainerait une plus faible production de GIP, elle-même à l’origine d’une sécrétion d’insuline plus basse. De tels aliments glucidiques, d’absorption lente, seraient bénéfiques sur le long terme, et entrent pourtant dans la catégorie des index glycémiques élevés, témoignant des limites de ce concept.

Slowly and rapidly digestible starchy foods can elicit a similar glycemic response because of differential tissue glucose uptake in healthy men.

Eelderink C., Schepers M., Preston T., Vonk R.J., Oudhuis L., Priebe M.G.

Am J Clin Nutr. 2012 Nov;96(5):1017-1024


Auteur : Eelderink C

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Brèves Nutrition N° 51 - Mars 2013 - N51009 (Réf. 4769)