Paris, 30 sept 2014 (AFP) -Les hommes sont plutôt attirés par le « gras-salé » alors que les femmes sont un peu plus « gras-sucré », selon une nouvelle étude faite sur plus de 37.000 d’adultes français.

 

Un adulte sur quatre avoue manger à la petite cuillère sa pâte à tartiner chocolat-noisettes (type Nutella), parfois (17%), souvent (9%) ou toujours (2%), selon cette étude NutriNet conduite par Caroline Méjean et Aurélie Lampure (Inserm/Inra/Cnam/Université Paris XIII).

 

L’étude, qui vient de paraître dans la revue spécialisée British Journal of Nutrition, a été réalisée à partir d’un échantillon de la cohorte de plus 267.500 « nutrinautes » (+ de 18 ans) participant au projet NutriNet-Santé dont le recrutement se poursuit via son site (www.etude-nutrinet-sante.fr).

Selon cette nouvelle étude basée sur des questionnaires validés avec le Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation (CSGA, Dijon), « les fumeurs et les buveurs réguliers d’alcool sont plus attirés par le +gras-salé+ », relève Caroline Méjean, épidémiologiste.

 

Un Français sur dix sale avant même d’avoir goûté un plat, souvent (8%) ou toujours (2%) tandis qu’une proportion quasi égale admet le faire « parfois ».

L’attirance pour le gras est souvent associé au fait de manger sous le coup de l’émotion, et à la pratique des régimes chez les femmes, sans doute en raison de la frustration, ajoute-t-elle.

 

On observe aussi chez les femmes enceintes une attirance pour le gras, qui pourrait être lié à la physiologie pour protéger le foetus, en prenant des kilos, avance la chercheuse.

Parallèlement, pendant la grossesse une réduction de l’attirance pour le sel et l’amertume, qui a été attribuée dans la littérature médicale à une forme de défense contre les poisons.

 

Les jeunes sont plus attirés par le gras que les plus âgés.

L’étude confirme que l’attirance pour le gras (salé et sucré) est plus répandue dans la population à faibles revenus que parmi celles disposant de plus hauts revenus.

 

Un constat à mettre en relation avec une offre alimentaire bon marché, plus souvent de qualité médiocre. Or, explique Mme Méjean à l’AFP, plus l’on se trouve exposé au gras plus l’attirance pour cette sensation s’accroît.

Les chercheurs vont suivre maintenant l’effet de ces attirances sur les fluctuations de poids et, à terme, l’état de santé des volontaires pour voir si ceux qui se rangent dans le plutôt « sucré » développent un diabète de type 2 (le plus courant) ou davantage d’hypertension pour ceux aimant le « salé », note Mme Méjean.

 

L’objectif de NutriNet-Santé, qui ambitionne de regrouper 500.000 internautes, est de mieux identifier les facteurs de risque ou de protection liés à la nutrition pour améliorer la santé des populations.

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