Endocannabinoids selectively enhance sweet taste.

Comme le montre cette étude japonaise chez des souris, outre les récepteurs CB1 de l’hypothalamus et des noyaux limbiques du prosencéphale, les endocannabinoïdes AEA (N-arachidonoylethanolamine) et 2-AG (2-arachidonoyl glycérol) exercent aussi leur effet orexigène sur les nerfs gustatifs de la portion antérieure de la langue (réponse augmentée de 150 % pour 500 mM saccharose). Cette action concentration-dépendante est spécifique du goût sucré et non des goûts salé, acide, amer et umami*. Les cannabinoïdes injectés par voie intra-péritonéale (1 mg/kg de poids corporel) augmentent les réponses comportementales à des mélanges sucré-amer (augmentation de 140 % du nombre de coups de langue en réponse à 500 mM saccharose + 1 mM quinine, p < 0,01) et les réponses électrophysiologiques des cellules des papilles gustatives fongiformes à des composés sucrés. En revanche, chez une souris génétiquement privée de récepteurs CB1, les cannabinoïdes n’augmentent pas la réponse au goût sucré au niveau cellulaire, neuronal ou comportemental. Un antagoniste des récepteurs CB1 mais pas des récepteurs CB2 diminue l’effet des cannabinoïdes sur les réponses cellulaires au goût sucré (p < 0,05). Enfin, l’immunohistochimie montre que les récepteurs CB1 sont exprimés dans les cellules gustatives de type II qui expriment également les récepteurs au goût sucré T1r3. Ainsi, les endocannabinoïdes stimulent la prise alimentaire via le système central mais aussi via les récepteurs périphériques au goût sucré. L’action réciproque des endocannabinoïdes et de la leptine (dont les taux circulants sont inversement proportionnels) sur les récepteurs périphériques du goût sucré pourrait contribuer à leurs actions opposées sur la consommation alimentaire et jouer un rôle important dans l’homéostasie énergétique.


Endocannabinoids selectively enhance sweet taste. YOSHIDA R., OHKURI T., JYOTAKI M., YASUO T. et al. Diabète et Obésité. 2010, 5, 37:78-82

Auteur : Yoshida R., Ohkuri T., Jyotaki M., Yasuo T. et al.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 40 - Juin 2010 - N40004