Afin de prévenir et lutter contre l’obésité, les édulcorants intenses sont souvent évoqués comme un élément de la stratégie dans le contrôle du poids, mais aussi des troubles métaboliques, puisqu’en théorie, ils permettent de limiter les apports caloriques sans perdre le plaisir de la saveur sucrée.

Les auteurs de cette publication ont mis en évidence, lors de travaux précédents, que des rats consommant des édulcorants peu ou pas caloriques mangeaient et grossissaient plus que s’ils consommaient du glucose dans leur alimentation. Ils ont ainsi proposé comme hypothèse explicative, une interruption de la continuité entre la saveur sucrée perçue et le contenu énergétique effectif. Partant de l’idée que la régulation de la balance énergétique et du poids présentent des différences de genre, ils se sont intéressés aux éventuels effets différentiels, chez des rats mâles et femelles, générés par la consommation d’édulcorants non caloriques. Ils ont également cherché à savoir si les effets observés pouvaient être en rapport avec la composition de l’alimentation usuelle et si le phénotype, déterminant la propension à prendre du poids, était susceptible d’intervenir.

La série d’expérimentations a été menée sur cinq groupes distincts où les rats avaient un accès quotidien à 30g de yaourt nature ou sucré, les auteurs ont utilisé soit du glucose (1,2 kcal/g), soit de la saccharine (0,6 kcal/g) pour sucrer le produit. Les rats avaient un accès libre et illimité à leur alimentation habituelle, qui pouvait être standard ou hypercalorique et ne recevaient pas le même yaourt pendant plus de deux jours. Les données récoltées ont montré que les rattes sous régime alimentaire « occidentalisé » c’est-à-dire hyperénergétique, riche en graisses et en sucres, avaient des apports caloriques, une prise pondérale et une adiposité significativement supérieurs lorsqu’elles recevaient le yaourt avec de la saccharine. Inversement les rattes ayant une alimentation standard ne prenaient pas plus de poids dans les mêmes circonstances. L’amplitude des différences constatées a été la plus marquée chez les rattes ayant un phénotype qui les prédisposait à l’obésité. De même, les rats mâles ayant une sensibilité génétique à l’obésité et ceux rendus obèses par le régime alimentaire, se sont avérés plus sensibles aux édulcorants.

Toutefois les rats sous régime hypercalorique ont pris plus de poids lors de la consommation du yaourt édulcoré, indépendamment de leur phénotype. Par ces travaux, les auteurs ont montré que la consommation d’édulcorants intenses tels que la saccharine diminuerait la capacité des rats à réguler leur consommation d’aliments à haute densité énergétique. Ils pourraient alors s’avérer contreproductifs lorsqu’ils sont consommés dans le but de maitriser la prise de poids

Adverse effects of high-intensity sweeteners on energy intake and weight control in male and obesity-prone female rats.

Swithers SE, Sample CH, Davidson TL.

Behav Neurosci. 2013 Apr;127(2):262-74.

Auteur : SWITHERS SE

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 52 - Juin 2013 - N5212 (Réf. 4486)