Contrairement aux idées couramment véhiculées, les consommateurs fréquents d’édulcorants intenses seraient exposés à la prise de poids. Des études indiquent qu’ils seraient également à risque de survenue de troubles tels que syndrome métabolique, diabète de type 2 ou pathologies cardiovasculaires.

Dans son article, Swithers passe au crible un certain nombre d’études portant en particulier sur la consommation de boissons édulcorées artificiellement, qui confirment l’exposition à une prise énergétique excessive, à la prise de poids et aux désordres métaboliques. Ces résultats étant à nuancer par la variabilité des populations étudiées et des méthodologies utilisées.

L’auteur développe ensuite des mécanismes explicatifs potentiels, mettant en jeu une distorsion cognitive entre ce qui est connu, via l’apprentissage, des effets post-ingestifs liés à la saveur des aliments réellement sucrés, et la réalité « non calorique » des édulcorants. Une des conséquences serait une compensation calorique altérée par les édulcorants, lors de la consommation d’aliments sucrés. Swithers évoque par ailleurs les modifications des réponses neurales et hormonales digestives entrainées par ces composés. En effet, l’imagerie montre une diminution voire un défaut d’activation de certaines zones cérébrales avec des édulcorants, comparativement au saccharose. De plus, une atténuation progressive des réponses hormonales, de l’insuline et des incrétines, a été observé in vivo, suggérant des conséquences sur la satiété.

Pour l’auteur, il convient de revenir sur l’idée favorable « d’inertie métabolique » de ces substances vis-à-vis, par exemple, du profil glycémique. Il lui semble nécessaire d’évaluer, l’aspect délétère potentiel des édulcorants sur la prise alimentaire, notamment lorsque ils sont consommés concomitamment à de « vrais » sucres, dans des aliments préparés.

Artificial sweeteners produce the counterintuitive effect of inducing metabolic derangements.

Swithers SE.

Trends Endocrinol Metab. 2013 Sep;24(9):431-441.



Auteur : SWITHERS SE

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 54 - Décembre 2013 - N54010 (Réf 4514)