Selon une étude parue dans le journal « Pain », l’efficacité analgésique du goût sucré serait influencée par l’attrait de l’enfant pour le sucré et par son statut pondéral. En effet, la préférence pour le goût sucré et les propriétés analgésiques d’une solution de saccharose à 24% (p/v) pendant un test de douleur (cold pressor test) ont été évalués chez 198 enfants et chez leur mère. Comme prévu, les enfants ont préféré des solutions plus sucrées que leur mère (19,2±0,7% vs 14,7±0,8%, p/vol), la moitié des enfants et 25% des mères préférant des concentrations ³24% de saccharose. Lorsqu’une solution de saccharose à 24% est placée dans leur bouche, les enfants qui apprécient des taux élevés de sucre supportent plus longtemps la douleur et mettent plus de temps à l’exprimer (augmentation de 41% de la tolérance à la douleur) que lorsqu’on leur donne de l’eau seule. Cet effet analgésique est néanmoins atténué chez ceux d’entre eux qui sont obèses ou en surpoids. En revanche, chez les enfants qui préfèrent les solutions moins sucrées, le saccharose n’a pas d’action sur la douleur. L’effet analgésique induit par la préférence au saccharose n’est pas retrouvé chez les adultes, puisque quel que soit leur niveau de préférence pour sucre, leur réponse à la douleur est similaire. Chez l’enfant, l’efficacité du saccharose pour diminuer la douleur est donc clairement liée à sa valeur hédonique, le statut pondéral entrant néanmoins en ligne de compte


Sucrose-induced analgesia is related to sweet preferences in children but not adults. Pepino M.Y., Mennela J.A. PAIN, 2005, 119 : 210-8

Auteur : Pepino MY, Mennela JA

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Brèves Nutrition 28 / Avril 2006 - N28023