Parmi les facteurs régulant la prise alimentaire, la façon dont les aliments sont avalés semble jouer un rôle important. Le volume des gorgées ou des bouchées prises pourrait notamment influencer la quantité consommée d’un aliment.Cette étude hollandaise a été menée chez 53 volontaires sains et de poids normal. Ils ont été soumis à 6 expérimentations de prise alimentaire à volonté, en ordre aléatoire. Durant chaque session, ils ingéraient de la soupe à la paille, avec un volume de gorgées prédéterminé (grand ou petit) par une pompe hydrostatique, ou librement choisi par le sujet. Pour chacun des 3 volumes possibles, le sujet était mis en situation de concentration sur son repas ou, au contraire, de distraction, afin d’évaluer le rôle éventuel de la cognition sur la prise alimentaire.Les auteurs ont ainsi montré que la prise alimentaire de «petites gorgées » était 30% moindre que celle de « grandes gorgées » ou de gorgées librement déterminées (p<0.001). L’estimation par le sujet de la quantité de soupe ingérée était, par ailleurs, sous-évaluée lors de la prise de « grandes gorgées » ou de gorgées librement déterminées, contrairement à la prise « à petites gorgées ». L’état de distraction augmentait la quantité ingérée dans tous les cas de figure mais sans influencer le volume librement choisi pour les gorgées, ni l’auto-estimation de la quantité prise. L’état de distraction peut avoir une influence sur la quantité ingérée, et peut avoir plusieurs origines : d’un coté le rythme de prise alimentaire peut être ralenti mais la durée du repas allongée, aboutissant à une prise alimentaire majorée ; de l’autre, distraire l’attention du mangeur limite l’exposition au processus orosensoriel, dont on sait qu’il est un déterminant de la fin de la prise alimentaire.

Il se pourrait donc qu’un grand volume ingéré à chaque gorgée ou bouchée, soit un facteur favorisant la surconsommation alimentaire, en particulier par sous-estimation de la quantité réellement prise. En parallèle, la distraction lors du repas exposerait également à majorer ses apports.

Consumption with large sip sizes increases food intake and leads to underestimation of the amount consumed.

Bolhuis DP, Lakemond CM, de Wijk RA, Luning PA, de Graaf C.

PLoS One. 2013;8(1):e53288.


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Auteur : BOLHUIS DP

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Brèves Nutrition N° 52 - Juin 2013 - N52004 (Réf. 4478)