Dietary glycemic index, glycemic load, fiber, simple sugars, and insulin resistance

Alors que des études observationnelles ont suggéré que la richesse en fibre d’une alimentation pouvait jouer un rôle important dans la résistance à l’insuline, la nature précise des relations entre l’index glycémique (IG), la charge glycémique, les sucres dits simples, les glucides totaux et la résistance à l’insuline est encore peucomprise à l’heure actuelle. C’est pourquoi, les auteurs de cette étude ont entrepris d’étudier ces relations sur la base des données de l’étude de population danoise Inter99, une étude interventionnelle sur l’alimentation,l’activité physique et le tabagisme, conduite en vue de diminuer l’incidence des maladies cardiovasculaires. Les données de 5675 hommes et femmes non-diabétiques, âgés de 30 à 60 ans et ayant remplis les questionnaires de fréquence alimentaire , ont été sélectionnées et le degré de résistance à l’insuline a été estimé par le modèle homéostatique d’insulinorésistance, HOMA-IR. Les caractéristiques des participants à l’inclusion ont été traitées par quartiles d’HOMA-IR et les modèles de régressions linéaires uni- et multi-variées ont été utilisés pour tester les relations entre la variable dépendante HOMA-IR et les facteurs liés aux glucides, l’âge, le sexe l’IMC, le tour de taille, le tabagisme et l’activité physique étant utilisés comme facteurs de confusion.La comparaison des quartiles d’HOMA-IR à l’inclusion a montré que les individus qui avaient une résistance élevée à l’insuline (quartile d’HOMA-IR de1,76 à 14,74) avaient un index de masse corporelle, un tour de taille et des apports en protéine (p=0,001) et lactose (p=0,004) plus élevés, mais des apports en énergie (p=0,0001), glucides en g/jour (p=0,0001), alcool (p=0,0001) et saccharose (p=0,04) plus bas que les autres quartiles. Après analyse des corrélations, les apports de lactose étaient positivement associés à l’HOMA-IR (p<0,0001) tandis que les augmentations de la charge glycémique et des apports en glucose, fructose, fibres, fruits et légumes étaient associées négativement (p<0.05) avant et après ajustement pour les facteurs de confusion. En revanche aucune association n’était observée entre l’IG des prises alimentaires de la journée ou du saccharose et la résistance à l’insuline (p>0,3). Après inclusion de l’apport en fibres dans le modèle de régression multiple, les effets de la charge glycémique et des glucides n’étaient plus significatifs (p>0,4) sans changement pour l’IG. Ces résultats montrent bien qu’une alimentation à forte charge glycémique et IG élevé,riche en glucides et contenant des sucres simples, n’est pas associée à une incidence accrue de la résistance à l’insuline. Cependant, concernant l’IG, la valeur des résultats doit être prise avec précaution car la méthode utilisée pour collecter les données alimentaires (questionnaire semi-quantitatif) n’était pas développée pour l’estimation spécifique de l’IG et a pu conduire à une estimation très imprécise de l’IG, ce qui expliquerait l’absence de corrélation entre IG et résistance à l’insuline.En revanche, cette étude suggère que le saccharose n’affecte pas la sensibilité à l’insuline estimée par la méthode HOMA-IR, de même que l’apport des autres sucres simples, ces sucres étant pris le plus souvent en association avec d’autres aliments. Enfin, cette étude confirme le fait que l’apport de fibres dans l’alimentation – qui annule l’association inverse observée entre  glucides et HOMA-IR – est important pour prévenir l’insulinorésistance.

Dr François Elkik


 

Dietary glycemic index, glycemic load, fiber, simple sugars, and insulin resistance. LAU C., FAERCH C., GLÜMER C., TETENS I. et al,  Diabetes Care, 2005, 28 : 1397-1403


Auteur : C Lau, C Faerch, C Glümer, I Tetens et al.

Documents supports :
Brève Nutrition N° 27