Les caractéristiques environnementales des enfants et des adolescents « gros » buveurs de sodas, commencent à être relativement bien identifiées. En revanche, c’est loin d’être le cas des plus jeunes. Pourtant, les comportements alimentaires s’acquièrent tôt et ces enfants, ont peu de latitude dans leurs choix alimentaires et peuvent être soumis à des environnements très différents (école maternelle, domicile, etc.), comparativement aux enfants plus âgés. Certaines théories du risque d’obésité ont mis en avant l’environnement comme facteur d’exposition important à la consommation de boissons sucrées.

Cette étude canadienne d’une cohorte d’enfants de 4 à 5 ans (n = 1760) a été menée de 2005 à 2007, avec comme objectif principal de dresser une sorte de portrait environnemental, sociodémographique et comportemental des jeunes enfants consommateurs de boissons sucrées (sodas et jus de fruits).

D’après les données obtenues, il est apparu que les enfants issus d’un milieu socioéconomique défavorisé, et restant plus de 2 h devant un écran, avaient plus de chance d’avoir consommé des sodas dans la semaine précédent l’investigation (RR : 1,17 ; intervalle de confiance [IC] à 95% : 0,98-1,40] et RR : 1,28 ; IC à 95% : 1,13-1,45, respectivement). Les enfants habitant à moins de 1 km d’une épicerie étaient significativement moins enclins à boire des sodas (RR : 0,84 ; IC à 95% : 0,73-0,96) et ceux passant plus de 2 h devant un écran dépassaient plus souvent la limite hebdomadaire recommandée pour le nombre de portions de jus de fruits consommées (RR : 1,16 ; IC à 95 % : 1,06-1,27).

Dans leur commentaire, les auteurs plaident pour le développement de politiques d’accompagnement afin de réduire la sédentarité chez les jeunes enfants en particulier de milieux défavorisés. Ils évoquent par ailleurs la taxation des boissons sucrées qui, si elle semble produire quelques résultats, handicape cependant plus sévèrement les budgets modestes. Enfin, les auteurs insistent sur l’impact de l’environnement urbain, et en particulier sur la densité d’épiceries qui contrebalancerait celle des fast-foods et aiderait à la lutte contre l’obésité.

En conclusion, cette étude, bien que spécifique au contexte canadien, permet d’éclairer les connaissances en matière de facteurs de risque de consommation excessive de boissons sucrées chez les jeunes enfants.

Sociodemographic, behavioural and environmental correlates of sweetened beverage consumption among pre-school children.

Pabayo R., Spence J.C., Cutumisu N., Casey L., Storey K.

Public Health Nutr, 2012, vol. 15, No. 8, pp. 1338-1346




Auteur : Pabayo R

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 50 - Décembre 2012 - N50011 (Réf. 4756)