Ce supplément récapitule les grandes lignes du séminaire « Sucres simples et obésité » qui s’est tenu en avril 2006 à Utrecht (Pays-Bas). Il avait pour but de traiter en profondeur 3 sujets majeurs : la composition en macronutriments d’un régime dans le cadre d’un contrôle du poids, le rôle des sucres contenus dans les boissons sucrées dans le développement de l’obésité et le rôle de l’index glycémique dans le contrôle du poids.

Concernant la composition de l’alimentation en macronutriments pour le contrôle du poids, A. Astrup plaide pour une baisse des apports lipidiques de 37 à 27% des apports énergétiques totaux (AET) sans restriction calorique, permettant ainsi d’obtenir en 6 mois une perte de poids de 3-5kg, La perte de poids est maintenue tant que le sujet suit ce régime. La réduction de la teneur en lipides fournit une alimentation moins dense en énergie, apportant plus de satiété. L’auteur privilégie l’apport de glucides sous forme solide, les sucres les sucres apportés par les liquides produisant pour lui moins de satiété. Pour PL Zock en revanche, la réduction lipidique sans restriction calorique ne prévient pas la prise de poids : une augmentation de 10% des AET en lipides, n’induit pas un gain de poids de plus de 3kg par rapport à un régime hyperglucidique. Selon cet auteur, en termes de réduction du risque cardiovasculaire, une alimentation riche en acides gras insaturés est plus efficace qu’un régime pauvre en graisses. Le groupe néerlandais de Westerterp estime, lui, qu’un régime hyperprotéique permet d’augmenter la satiété, par le biais d’une élévation de la thermogenèse et du peptide-1 glucagon-like. Que ce soit pendant une perte ou une reprise de poids, un régime hyperprotéique réduit la masse grasse en préservant la masse musculaire et améliore le profil métabolique en augmentant l’oxydation lipidique. Une plus grande sensibilité à l’insuline peut apparaître avec de type de régime. EE Black précise que cet effet peut être bénéfique chez les diabétiques de type 2 en réduisant les hyperlipidémies et les hyperglycémies. Chez les obèses, diminuer la sécrétion d’insuline et de glucose diurne par un régime pauvre en lipides, peut aussi améliorer la sensibilité à l’insuline et favoriser l’oxydation des graisses.

A propos du rôle du sucre apporté par les boissons dans l’obésité, MA Pereira, après avoir fait une revue approfondie de la littérature, indique qu’il est difficile de tirer des conclusions solides compte tenu des résultats divergents sur le sujet, en raison notamment du manque de rigueur méthodologique de certaines études. Elle estime que seules des études randomisées de meilleure qualité pourraient permettre d’évaluer la relation sucres ajoutés dans les boissons et obésité. C’est aussi l’avis de S. French et P. Morris qui pensent que les études actuelles manquent généralement de contrôles positifs appropriés, sont de trop courte durée en raison de leur complexité et de leur coût, et évaluent des doses supérieures aux profils de consommation les plus courants. De même, Anderson après avoir examiné si, d’un point de vue biologique, l’association est plausible, ne voit pas de lien de cause à effet entre sucres des boissons et obésité. Mattes quant à lui, suggère que le milieu liquide, plus que la forme d’énergie ou la composition en nutriment, serait responsable d’une moindre satiété et d’ un pouvoir de compensation inférieur des boissons caloriques comparé aux solides .

Quant au rôle de l’IG dans la réduction du poids, J Brand-Miller considère que la consommation d’aliments à IG bas améliore la perte de la masse grasse et les facteurs de risque cardiovasculaire, compte tenu de leur pouvoir de satiété, de leur capacité à réduire la glycémie post-prandiale et à augmenter l’oxydation des graisses. L’auteur juge que le remplacement d’aliments à fort IG par d’autres à faible IG, est simple, économique et associé à une plus grande consommation de graines complètes. Sloth et Astrup, eux, n’en sont pas si convaincus, notamment pour les sujets en surpoids, en raison de l’absence d’études à long terme, contrôlées et de qualité. L’IG est donc toujours un concept intéressant mais difficile à utiliser pour des raisons méthodologiques et son utilité reste à démontrer par des études interventionnelles à long terme.


Simple carbohydrates and obesity : fact fiction and futur.  Wolever TMS, Feskens EJM, Du H, Mattes RD, Anderson GH, Sloth B, Astrup A, Mc Millan-Price J, Brand-Miller J, French S, Morris P, Pereira MA, Blaack EE, Zock PL, Saris WHM, Foster GD, Westerterp-Plantenga MS; Luscombe-Marsh N; Lejeune MPGM; Diepvens K; Nieuwenhuizen A; Engelen MPKJ; Deutz NEP; Azzout-Marniche D; Tome D; Westerterp KR. Int J of Obesity, 2006, 30 : S1-S78

Auteur : Wolever TMS, Feskens EJM, Du H, Mattes RD, Anderson GH, Sloth B, Astrup A, Mc Millan-Price J, Brand-Miller J, French S, Morris P, Pereira MA, Blaack EE, Zock PL, Saris WHM, Foster GD, Westerterp-Plantenga MS; Luscombe-Marsh N; Lejeune MPGM; Diepvens K; Nieuwenhuizen A; Engelen MPKJ; Deutz NEP; Azzout-Marniche D; Tome D; Westerterp KR

Documents supports :
Brève Nutrition N° 31 - Octobre 2007 - N 31001