Adiposity is not associated with children’s reported liking for selected foods
Les enfants obèses et en surpoids diffèrent-ils des enfants normo-pondéraux par un goût plus prononcé pour des aliments énergétiques ? Les études portant sur les liens entre goûts alimentaires et adiposité ont conduit à des résultats mitigés chez les adultes et peu de données sont disponibles chez les enfants. De plus, les études menées sur la préférence pour différents macronutriments ne peuvent pas être extrapolées aux aliments car le goût prédominant d’un aliment (par exemple sucré) ne reflète pas nécessairement sa teneur en macronutriments (gras).
Ainsi, afin de déterminer l’importance des préférences alimentaires, cette étude anglaise a examiné les goûts de 366 enfants de 7 à 9 ans pour 3 catégories d’aliments complexes : aliments gras ou sucrés, fruits, légumes. Les enfants étaient invités à remplir avec un investigateur un questionnaire d’évaluation des aliments en choisissant parmi 5 réponses (je déteste/je n’aime pas/ça va/j’aime/j’adore) cotées de 1 à 5, la meilleure note étant 5. La note attribuée à une catégorie d’aliments était obtenue par la moyenne des notes des aliments de cette catégorie. Si un aliment était connu par moins de 75 % des enfants, il était exclu de l’analyse. Des mesures anthropométriques, notamment le poids et l’adiposité, étaient prises à l’aide d’un appareil de mesure de l’impédance bioélectrique. Les différences de comportement alimentaire paraissant suivre une évolution continue en fonction du poids, les enfants ont été répartis en 5 catégories selon leur indice de masse corporelle (IMC) : en sous-poids (IMC = 13,59 ; n = 56), de poids normal inférieur (IMC = 14,87 ; n = 120), de poids normal supérieur (IMC = 17,12 ; n = 123), en surpoids (IMC = 19,63 ; n = 49) et obèse (IMC = 23,54 ; n = 18). L’appréciation des légumes était moins bonne (3,37±0,81) que celle des aliments gras ou sucrés (4,11±0,6) et des fruits (4,20±0,73). Les fruits étaient autant appréciés que les aliments gras ou sucrés (p = 0,11). Les garçons appréciaient significativement plus que les filles les aliments gras ou sucrés (4,18±0,63 versus 4,04±0,55, t(364) = -2,25, p = 0,025). Le score de déviation de l’IMC par rapport aux courbes de référence au Royaume-Uni, ne prédisait pas le degré d’appréciation des aliments gras ou sucrés (F(1,364) = 0,27, p = 0,60, R2 = 0,001), des légumes (F(1,364) = 2,39, p = 0,12, R2 = 0,007) ou des fruits (F(1,364) = 0,05, p = 0,82, R2<0,001).
L’une des hypothèses qui pourrait expliquer cette similarité de goût entre enfants de poids normal ou excessif pourrait être la pression sociale ressentie par les enfants en surpoids – en dépit de leur jeune âge – les conduisant à nier leur éventuelle préférence pour des aliments caloriques. Il est aussi possible que des résultats différents puissent être obtenus en demandant, non pas de noter, mais de classer les aliments par ordre de préférence. Néanmoins, cette étude suggère que les différences de comportement alimentaire observées chez les personnes en surpoids (grignotage sans faim, absence de ralentissement de la vitesse d’ingestion d’aliments au cours d’un repas, etc.) ne résultent pas d’un goût plus prononcé pour certains aliments.
En définitive, plus que la préférence pour des aliments caloriques, un plus grand plaisir pris à manger de façon générale et une plus forte réponse à la nourriture semblent des facteurs prépondérants dans le surpoids.
 Adiposity is not associated with children’s reported liking for selected foods. HILL C., WARDLE J., COOKE L. Appetite, 2009, 52 : 603-608

Auteur : C Hilll, J Wardle, L Cooke

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 38 - Décembre 2009 - N38001