Entre 1980 et 2003, la consommation de sucres (regroupant le saccharose et les autres sucres tels que fructose, glucose, lactose et maltose) a diminué de 16 % en Australie tandis qu’elle augmentait de 23 % aux États-Unis ! Cette diminution se manifeste par une forte diminution de la consommation de saccharose (-11 kg/pers/an) non compensée par la légère hausse des autres sucres (+3kg/pers/an). Malgré cette diminution de la consommation de sucres en Australie, la prévalence de l’obésité y a été multipliée par 3 en 30 ans. En 2007-2008, 62% des adultes et 23 % des enfants australiens étaient en surpoids ou obèses. L’Australie est donc l’un des pays développés les plus touchés par ce phénomène. Cette situation semble paradoxale puisque la diminution de la consommation de sucres est au centre des recommandations diététiques actuelles visant à réduire l’obésité.

Pour les deux chercheurs australiens qui rapportent ces données, le paradoxe n’est qu’apparent, car la consommation énergétique globale, responsable réelle de l’obésité, ne se résume pas à la consommation de sucres. En attestent les données montrant une diminution de moitié de la consommation de boissons sucrées par les enfants australiens entre 1995 et 2007, mais une augmentation parallèle de la consommation énergétique provenant du chocolat, des gâteaux, des pizzas et des chips. L’étude MONICA publiée en 2004 par l’OMS a montré une augmentation des apports énergétiques, due exclusivement à une augmentation de la consommation de lipides, dans la population australienne. Selon une enquête australienne publiée il y a 10 ans, la consommation de graisses est inversement proportionnelle à la consommation de sucres (effet « coupe-graisse » des sucres).

Dans le cadre de la lutte contre l’obésité, les auteurs pensent qu’il n’est donc pas pertinent de concentrer les recommandations nutritionnelles sur la seule réduction de la consommation de sucres s’ils sont remplacés par des amidons d’index glycémique élevé, des graisses saturées, voire de l’alcool.

 

 

 

 

Auteur : BARCLAY AW

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 48 - Juin 2012 - N48011 (Réf 4726)