L’indice glycémique (IG) est un critère de classement qui compare la capacité d’aliments à élever la glycémie. Il représente le rapport de l’aire sous la courbe de glycémie pendant les 2 heures qui suivent l’ingestion de l’aliment par rapport à celle d’un aliment de référence (glucose) pour 50 g de glucides. Malgré une efficacité non démontrée de l’utilisation de l’IG dans la prise en charge des diabétiques, l’intérêt grandit pour l’étiquetage de cet indice sur l’ensemble des produits alimentaires.

L’objectif de la présente revue menée par le ministère de la Santé canadien a été d’évaluer l’utilité de l’étiquetage systématique de l’IG sur les produits alimentaires au Canada pour répondre à trois questions.

La première concerne la précision de la mesure de l’lG. Un écart important de résultats peut exister entre les mesures d’IG réalisées au sein de laboratoires différents utilisant pourtant la même méthode de test. Par ailleurs, il est possible que l’ethnie du sujet testé impacte la mesure de l’IG. Autre point abordé : il s’agit du fait que l’IG est un ratio et qu’il n’est pas lié à la quantité de glucides disponibles consommés (à la différence de la charge glycémique qui est le produit de l’IG par la quantité de glucides). Ainsi, un aliment d’IG bas mais qui contient beaucoup de glucides pourra induire une réponse glycémique supérieure à un aliment d’IG élevé mais à faible teneur en glucides. La mention de l’IG ne permet donc pas d’aider le consommateur dans le contrôle de sa réponse glycémique suite à la consommation du produit, ce qui est pourtant l’objectif de l’étiquetage.

Dernier point : l’étiquetage de l’IG et la sélection des aliments selon cet index pourrait conduire à des choix contraires à l’application des recommandations nationales en matière de nutrition. En effet, certains aliments comme les crèmes glacées ou les biscuits peuvent présenter un IG bas tout en apportant des acides gras saturés. Le focus sur l’IG comme indicateur résulterait également en une utilisation large du fructose dans les produits sucrés, ce qui aurait pour effet de diminuer l’IG mais pas la charge glycémique.

Pour ces trois raisons, l’opinion du ministère de la Santé Canadien est que l’inclusion de la valeur de l’IG sur l’étiquetage des produits alimentaires pourrait être trompeuse et n’apporte pas de valeur ajoutée pour assister les consommateurs à faire de meilleurs choix alimentaires.

Health Canada’s evaluation of the use of glycemic index claims on food labels.

Aziz A, Dumais L, Barber J.

Am J Clin Nutr. 2013 Aug;98(2):269-74


Auteur : AZIZ A

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 55 - Mars 2014 - N55011 (Réf 4529)