Snacking is associated with reduced risk of overweight and reduced abdominal obesity in adolescents: National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) 1999-2004

L’enquête NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey) constitue une vaste base de données permettant d’identifier les associations entre les habitudes alimentaires, les données démographiques et les problèmes de santé de la population des États-Unis. Les données de l’enquête NHANES collectées entre 1999 et 2004 ont été récemment mises à contribution pour tenter de répondre à une question très controversée : les collations (snacks) prises entre les repas favorisent-elles l’excès pondéral chez l’adolescent (âge : 12 à 18 ans) ? Les 5 811 adolescents dont les données étaient disponibles pour cette période ont été considérés en surpoids ou obèses si leur indice de masse corporelle (IMC) se situait au-dessus du 85e percentile pour leur âge. L’obésité abdominale était quant à elle définie comme un tour de taille supérieur au 90ee percentile. 

 

Nombre de collations quotidiennes

0

1

2

3

≥ 4

Surpoids ou obésité (%)

39,4 ± 2,4

34,9 ± 2,0

29,8 ± 1,8

27,7 ± 2,1

21,8 ± 2,4

Obésité abdominale (%)

24,4 ± 2,3

19,7 ± 1,4

16,6 ± 1,3

12,2 ± 1,4

10,8 ± 1,8

 Les résultats ont montré :

• une augmentation progressive des apports énergétiques globaux avec le nombre de collations quotidiennes et avec le pourcentage des apports globaux représenté par les collations (p < 0,01 pour les deux comparaisons) ;

• une diminution progressive de tous les paramètres liés au poids corporel avec l’augmentation du nombre de collations quotidiennes. Il en a été ainsi pour l’excès pondéral et l’obésité abdominale (Tableau) mais aussi pour le poids corporel, l’IMC, le percentile d’IMC et le tour de taille (p < 0,01 pour toutes les comparaisons).  

Il est important de souligner que ces différences ont résisté aux analyses multivariées intégrant l’âge, le sexe et l’ethnicité (modèle 1), les revenus de la famille, l’activité physique, le temps passé devant la télévision, la vidéo et l’ordinateur, le tabagisme (modèle 2) et les tentatives de réduction pondérale (modèle 3).  

Plusieurs hypothèses sont proposées par les auteurs pour expliquer la concomitance de l’augmentation des apports énergétiques et la diminution de l’obésité, en particulier abdominale, liées à la consommation de collations.

Les collations sont généralement moins riches en lipides et plus riches en glucides que les aliments consommés lors des repas ; certains régimes dans lesquels les graisses sont partiellement remplacées par les sucres ont montré leur efficacité en termes de réduction pondérale. D’autres études ont montré une association entre la prise de collations et une activité physique vigoureuse ; il est donc possible que les consommateurs de collations soient des sujets très actifs chez lesquels l’augmentation des apports est compensée par une augmentation des dépenses énergétiques. 

Cette étude semble donc infirmer certaines idées reçues selon lesquelles le « grignotage » entre les repas serait un facteur favorisant l’obésité, en particulier chez les adolescents. Cependant, les auteurs soulignent avec prudence que leur étude est rétrospective. Seule une étude prospective, qu’ils appellent de leurs voeux, permettrait d’atteindre un niveau de preuve suffisant pour tirer des conclusions définitives.


Snacking is associated with reduced risk of overweight and reduced abdominal obesity in adolescents. National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) 1999-2004. KEAST D.R., NICKLAS T.A., O’NEIL C.E. Am J Clin Nutr, 2010, 92, 2 : 428-35

 

Auteur : Keast D.R., Nicklas T.A., O'Neil C.E.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 42 - Décembre 2010 - N42005